Affichage des articles dont le libellé est Néo-colonialisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Néo-colonialisme. Afficher tous les articles

17 octobre 2009

Les racines féodale et Françafricaine de la bourgeoisie semi-coloniale africaine



Ferñent / M.T.P-S
Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains-Sénégal
« Union libre des peuples libres d’Afrique. Solidarité internationaliste des travailleurs »
Téléphone 77.371.97.49. Email : fernentmtps@yahoo.fr

Beaucoup s’étonnent de la tendance actuelle à la monarchisation des pouvoirs africains. Les fils Eyadéma, Bongo, Khadafi, Wade illustrent cette tendance à la préservation du pouvoir au sein d’une famille non plus seulement politique mais biologique. Il s’agit ici d’un greffe féodale, celle de l’ancien régime Africain d’avant la colonisation, sur le nouveau régime semi-colonial Françafricain issu du régime colonial lui même. Les bourgeoisies semi-coloniales Africaines ont lié leur sort à la domination impérialiste et donc de dictatures militaires et civiles des années 60/70/80, elles vont s’intégrer et s’adapter à la nouvelle restructuration multipartiste impulsée à la fin des années 80 suite aux « conférences nationales ». La particularité de cette ère multipartiste réside dans le fait qu’elle a été la conséquence politique du triomphe de la pensée unique libérale, celle des plans d’ajustement structurel, celle de la dévaluation des monnaies nationales, notamment du franc cfa et des privatisations qui se poursuivent encore aujourd’hui du patrimoine économique national. Un des graves effets du triomphe du libéralisme a été la grave dépolitisation d’une partie de la jeunesse africaine universitaire, individualisée, affairiste et dépouillée de tous sentiments patriotiques, dont les fils Eyadéma, Bongo, Wade sont les purs produits caricaturaux. Il n’échappera pas ainsi à l’observateur attentif que la monarchisation Wadiste en cours est consécutive à la fois de ce bradage des biens nationaux et de celui en cours des terres urbaines et rurales. S’approprier le pays en se donnant le droit de vendre les terres est une caractéristique de la bourgeoisie Françafricaine dont la base sociale est à la fois féodale, ethnique ou religieuse et capitaliste. Il existe même une alliance panafricaine de cette bourgeoisie aux contours idéologiques et économiques Françafricains qui se soutiennent mutuellement. C’est le cas selon certaines sources entre les fils Eyadéma, Bongo et Wade, etc,. L’impérialisme Français a manifestement choisi d’intégrer ce panafricanisme féodalo-bourgeois monarchisant dans sa stratégie de préservation du pré-carré Françafricain complément du dispositif qui consiste à intervenir militairement pour imposer ses proconsuls comme au Tchad ou à organiser des putschs électoraux comme au Niger (AREVA) et au Gabon (Total). L’expérience ratée d’une succession politique Françafricaine à l’Ivoirienne qui a conduit à la séparation de fait du pays en zones contrôlées par le pouvoir issu des urnes et par les ‘rebelles’ avec à la clef l’intervention militaire Française contre le pouvoir légal est certainement un facteur explicatif de l’évolution vers la monarchisation Françafricaine en cours. C’est là un nouvel arsenal de l’impérialisme Français pour préserver sa sphère de domination semi-coloniale en Afrique.

Par DIAGNE Fodé Roland, membre de Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains – Sénégal

26 juillet 2009

Le nouveau parti anticapitaliste dénonce les fraudes électorales et réaffirme sa solidarité avec les démocrates mauritaniens


Communiqué du Nouveau Parti Anticapitaliste


Contre les fraudes électorales en Mauritanie

Le Nouveau Parti Anticapitaliste dénonce les fraudes électorales qui ont dominé l'élection présidentielle en Mauritanie. Après avoir fomenté un coup d'état militaire pour s'emparer du pouvoir, l'ex-général Aziz a procédé à un coup d'état électoral (fausses cartes d'identité, achat de votes, noms effacés sur les listes électorales ...).

La faible présence d'observateurs internationaux va permettre à l'ex-général Aziz de donner un semblant de légitimité à des élections qui lui avaient été imposées par la mobilisation populaire.

Le NPA se tient aux côtés des démocrates mauritaniens et tient à alerter l'opinion sur les dangers de répression qui risque de s'abattre sur ce pays.

Le 21 juillet 2009.

10 mai 2009

Les Comores et Mayotte, entre anticolonialisme et autodétermination

La situation dans l’archipel des Comores suscite depuis longtemps, et avec encore plus d’acuité depuis le référendum du 29 mars dernier, nombre de débats, aux Comores, à Mayotte, dans les milieux militants et au sein même du NPA. Nous publions ici deux points de vue qui éclairent tous les deux cette question sous des aspects différents.

MAYOTTE : 101e département français ou partie intégrante des Comores ?


Mayotte est située à l’entrée du canal du Mozambique, situé dans l’océan Indien et séparant Madagascar et le Mozambique, en Afrique de l’est. C’est par ce canal que transitent une grande partie des supertankers exportant le pétrole du Moyen-Orient vers l’Europe et l’Amérique, et des porte-containers, des minéraliers, navigant entre l’Asie et le reste du monde. C’est une des quatre îles de l’archipel des Comores.

Rapt, déstabilisations et géostratégie

Après avoir créé de graves contradictions entre mahorais et grands comoriens en transférant la capitale de Dzaoudzi (Mayotte) à Moroni (grande Comores), la France organise en 1974 un référendum sur l’indépendance. Seule Mayotte vote pour le maintien au sein de la France. Le gouvernement français décide unilatéralement de conserver Mayotte sous souveraineté française. Les 3 autres îles proclament l’indépendance de l’archipel en 1975. L’Union des Comores revendique Mayotte en refusant cette annexion qui remet en cause l’intégrité territoriale et l’indivisibilité du peuple comorien. L’Union africaine considère ce territoire comme occupé par une puissance étrangère. Un second référendum a lieu en 1976. Il confirme le choix de la population de Mayotte de rester française. L’Assemblée générale des Nations unies proclame la nullité de ce nouveau référendum et condamne l’occupation française. Le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » est applicable au peuple comorien dans son ensemble, et non à chacune de ses fractions ou minorités. Selon le droit international, Mayotte fait partie de l’Union des Comores.

Pendant la Guerre froide, il s’agit de déstabiliser l’Union des Comores pour la diriger en sous-main. L’indépendance et le pouvoir de revendication des Comores sont largement battus en brèche par les interventions de la France et ses barbouzes comme Bob Denard, la corruption de ses élites, la mise sous tutelle économique et monétaire grâce au « franc comorien » arrimé au franc hexagonal. A Mayotte, la présence française monte en puissance. Une compagnie de la Légion étrangère y est basée. Les ports accueillent divers navires en mission de contrôle du canal. Les fonctionnaires fournissent la moitié des emplois, pour la plupart occupés par des métropolitains. Une carte des eaux territoriales et des zones économiques maritimes exclusives dans le canal du Mozambique illustre le rôle de Mayotte comme tête de pont de l’impérialisme français. D’autres îles plus au sud, Europa la Grande Glorieuse et Juan-de-Nova, permettent de dessiner une zone maritime quasi continue sous son contrôle, par laquelle passe 90% du commerce intercontinental. Mayotte est la sentinelle militaire avancée qui permet à la France de conserver sans risque son influence dans une région où les Etats ont peu de moyens de projection hors de leurs côtes et peu de troupes aguerries.

Mayotte aujourd’hui

S’il ne représente que le 1/6e du PIB par habitant hexagonal, celui de Mayotte est 9 fois plus important que dans le reste de l’archipel. Le principal fournisseur et client c’est l’Hexagone. Les transferts de l’État vers l’économie de l’île s’élèvent à 635 millions d’euros en 2009, soient 3400€ par habitant. Mayotte est ainsi tenue à bout de bras par la France pour jouer son rôle militaire et géostratégique dans l’Océan Indien. L’île n’a quasiment plus de relations économiques avec les pays qui l’entourent. Le commerce avec Madagascar, les Comores, la Réunion, les Seychelles et Maurice, demeure très faible. Les flux commerciaux avec la Communauté des États de l’Afrique de l’Est sont infimes.

Ce tête à tête avec la France s’accompagne d’une politique anti-immigration. Les mesures de lutte contre l’ « immigration clandestine » et l’absence de visa empêchent toute visite familiale, alors que les Comoriens sont chez eux à Mayotte. Les différences de niveau de vie entraînent des Comoriens à s’établir à Mayotte. La France a mis en place une politique d’éloignement des sans-papiers particulièrement indigne. 140 policiers traquent les barques (kwasa kwasa) quitte parfois à laisser des centaines d’arrivants se noyer dans la nuit. Un centre de rétention entasse, pêle-mêle, adultes, femmes et enfants, soumis à des procédures expéditives. On estime à 60000 le nombre de Comoriens sans-papiers. Ils sont taillables et corvéables à merci. Ils servent de variable d’ajustement, laissés dans les campagnes et agressés en cas de révolte comme en 2005. De l’autre côté, la France a mis en place une politique de peuplement. Les M’zoungou (blancs) occupent les meilleurs postes dans l’Administration, les services publics… D’autres se préparent sur place à la départementalisation dans les domaines des infrastructures, du logement et du tourisme. Car les métropolitains et les politiques attendent la manne de la mise à niveau du territoire et de son classement en Région ultrapériphérique (RUP) de l’Europe à partir de 2011.

La consolidation de l’influence de la France dans le canal du Mozambique n’a pas été l’enjeu explicite de la campagne pour le référendum de départementalisation. Les débats ont plutôt porté sur les minima sociaux qui seraient mis en place en 2012. Les politiques locaux ont passé sous silence que les Mahorais seront redevables du droit fiscal commun (impôts et taxes) dès 2014, et qu’ils devront se défaire progressivement du droit coutumier et de leur statut personnel. Aussi, l’issue du référendum ne faisait pas de doute. Il faut cependant rectifier les proclamations sarkoziennes. Le OUI aurait obtenu 95,25% ! Ce résultat « soviétique » aurait dû intriguer la presse. Toutes sortes de pressions et menaces ont été exercées sur les électeurs. Par ailleurs, le taux d’abstention est élevé et par rapport aux inscrits, le OUI n’obtient que 57,63% (les inscrits ne sont que 71 420 sur 186 452 habitants). La partition forcée du peuple comorien est une violence coloniale que l’assistanat promis par la France ne masquera pas longtemps. Comment s’appellera le LKP de Mayotte ?

Bernard - Salim

Pour un droit à l'autodétermination des Mahorais

Depuis plusieurs semaines, Mayotte est au cœur de tous les débats. Le 29 mars dernier, l’île de l’océan Indien devait se prononcer au sujet de sa départementalisation. Ainsi, les Mahorais se sont déplacés pour affirmer massivement (à 95,2%) qu’ils étaient favorables à la départementalisation de Mayotte. Et ce n’était pas leur premier référendum. Le 22 décembre 1974, lors du premier référendum d’autodétermination des populations des Comores, le résultat pris globalement est de 94,94% pour l’indépendance, mais à Mayotte 65,30% de la population se prononcent pour le maintien au sein de la République française. Au point qu’un deuxième référendum est organisé à Mayotte le 8 février 1976 : la population mahoraise se prononce à 99,42% pour « le maintien de Mayotte au sein de la République française » et refuse « qu’elle fasse partie de l’Etat Comorien ». Lorsque le 11 avril 1976, par un troisième référendum, les Mahorais sont consultés pour le maintien ou l’abandon du statut de TOM, la majorité des électeurs a préféré déposer dans les urnes les bulletins imprimés par le Mouvement Pour Mayotte (MPM) qui réclame le Département d’Outre-mer. D’élections en élections, les Mahorais réaffirment leur volonté de demeurer Français. Certes, le mode de scrutin référendaire qui a été opté dans les années 70 fut sans doute une usurpation. Mais admettons que l’on ait pris les résultats des voix exprimées dans le référendum dans leur globalité et que le « oui » l’emporte seulement à Mayotte: les Mahorais se seraient vus résignés à faire partie de l’Union des Comores malgré eux. Moralement et démocratiquement on ne peut pas obliger un peuple tout entier avec un espace géographiquement défini et indépendant des autres îles de vivre avec des gens en qui il ne se reconnaît plus.

Et pourtant, par le biais d’un mémorandum, les Comoriens interpellent la communauté internationale pour que celle-ci fasse pression sur la France. Au lieu de consacrer leur énergie à la réflexion sur la prospérité comorienne, soutenue par des métropolitains, des intellectuels Comoriens se battent corps et âme pour que Mayotte soit intégrée dans le giron comorien. Le choix des Mahorais à rester français est ainsi sans cesse remis en cause et nié par des Comoriens au nom du principe de « l’intangibilité des frontières ». En effet, la résolution n° 1514-XV du 14 décembre 1960 (des Nations Unies) a imposé le respect des frontières coloniales au cours de l’accession à l’indépendance des pays colonisés. Le droit international fondé sur « l’intangibilité des frontières » coloniales se heurte ainsi au droit international fondé sur la liberté « des peuples à disposer d’eux-mêmes » (article 2 de la charte des Nations Unies du 25 juin 1945). Ce principe de la libre détermination des peuples est un héritage des philosophes des Lumières, de la Révolution française, émane de la souveraineté nationale, est défini dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (26 août 1789) et est prévu par le droit national français (Constitution du4 octobre 1958). La revendication française et départementaliste de l’île de Mayotte repose juridiquement sur la dernière disposition de l’article 53 de la Constitution de la Vème République française : « nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans le consentement des populations intéressées.»

Derrière le terme d’ « unité » de l’archipel prononcé régulièrement par les Comoriens, il n’y a pas de réel projet pour les îles. Mais pourquoi un tel acharnement des Comores à voir Mayotte devenir une des leurs ? Le retour de Mayotte dans l’archipel est un leitmotiv sans avenir. S’indigner de la position mahoraise, c’est avant tout esquiver le débat comorien et faire l’économie de vraies questions. Les Mahorais ne sont pas prêts à rejoindre le destin des Comores qui ressemble à de nombreux régimes véreux communs à l’Afrique : misère (niveau de vie 9 fois inférieur à celui de Mayotte), corruption et instabilité politique (18 coups d’Etat en 34 ans d’indépendance). C’est vouloir l’unité pour l’unité ou simplement freiner l’essor de Mayotte et plonger l’ensemble du peuple mahorais dans cette même misère que les Comoriens tentent de fuir chaque jour en essayant d’atteindre les rives mahoraises. Ne serait-il pas plus utile de mettre en place une réelle coopération entre les îles permettant de ne plus voir ces milliers de corps sans vie sur les plages de la côte mahoraise ? Ne serait-il pas plus intéressant de profiter du développement de Mayotte pour établir des liens coopératifs entre les îles ? Ces îles sont sœurs mais leurs autonomies doivent être respectées et reconnues. D’ailleurs, cette unité comorienne n’a jamais formellement existé avant la colonisation. Avant que ces îles ne forment une union des îles, elles étaient autonomes et indépendantes, et entretenaient entre elles seulement des relations commerciales, et dans le pire des cas, se faisaient la guerre sous l’égide des sultans. Donc, comment parler de « retour » de Mayotte dans l’archipel des Comores s’il n’a pas été avéré que Mayotte puisse en avoir fait partie par le passé ? Les arguments comoriens s’effritent comme leur idée de « nation comorienne ».

Pris dans cette contradiction, entre anticolonialisme et autodétermination des peuples, il est bien difficile de se positionner de manière neutre. La seule solution existante est encore d’exiger que la question de Mayotte soit tranchée définitivement par la communauté internationale en organisant une consultation sous sa responsabilité, sur trois options : l’intégration de l’ile dans l’Etat comorien, l’indépendance de l’ile et le rattachement de l’ile à la France. Laissons le peuple mahorais s’exprimer en toute transparence. Les Mahorais et Mahoraises désirent simplement être reconnus comme Hommes par les autres Hommes, ne nions pas leurs choix. Leur souhait est celui d’être LIBRE, accepter l’indépendance de Mayotte par rapport à l’archipel serait là une vraie décolonisation.

Coralie W.

13 février 2009

Soutien aux travailleurs de Guadeloupe, Martinique, Guyane et de la Réunion.

Soutien aux travailleurs de Guadeloupe, Martinique, Guyane et de la Réunion.


Depuis plus de trois semaines, les travailleurs de Guadeloupe sont en grève générale unitaire et illimitée. Depuis, la grève générale s’étend à la Martinique, à la Guyane et à la Réunion. Ils se battent contre la vie chère, les bas salaires, les licenciements et le chômage, pour leur dignité.
Leur combat est le nôtre, il est exemplaire.
Après le succès des grandes mobilisations du 29 janvier et avant celle du 19 mars, nous devons apporter toute notre solidarité aux Guadeloupéens, Martiniquais ; Guyanais et Réunionnais qui proclament avec la même force que ce n'est pas au peuple de payer la crise !
Le combat des salariés de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de la Réunion est le nôtre.

Tous ensemble, Solidarité !

Toutes et tous Lundi 16 février dans la rue à 18h Place de Clichy

Appel signé par : Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo, Alternative Libertaire (AL), Association des Communistes Unitaires, Coordination Nationale des Collectifs Unitaires pour une alternative au libéralisme (CNCU), La Fédération, Les Alternatifs, Lutte Ouvrière (LO), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche (PG)

10 février 2009

Semaine anticoloniale 2009 (du 14 au 24 février)

Semaine anticoloniale 2009 (du 14 au 24 février)
Communique de presse du Collectif d'organisation de la semaine anticoloniale (4ème édition)

4 ans après le vote de la loi du 23 février 2005 qui fait l'apologie du colonialisme, ce texte n'est toujours pas abrogé.
Nous constatons les discriminations qui touchent particulièrement les descendants des peuples colonisés (logement, travail, éducation…) et l'occultation de la mémoire de l'histoire de la colonisation française, des luttes d'émancipation des peuples et de la réalité coloniale et néocoloniale d'aujourd'hui.
L'actualité :
- Volonté d'annexion d'une île des Comores par la France
- Massacre de Gaza dans le cadre d'une radicalisation de la politique coloniale de l'Etat d'Israël
- Les grèves, manifestations… en Guadeloupe, Martinique qui se développent contre une politique héritée du système colonial
- Les conséquences désastreuses de la crise financière en Afrique accentuées par le maintien du système du Franc CFA et de la dette.
Il faut donc sortir de cette logique infernale. Mobilisons-nous !
Participons aux nombreuses initiatives de la Semaine Anti-coloniale annoncées sur le site www.anticolonial.org dont les 5 temps-forts :
- SAMEDI 14 FEVRIER - Colloque "dernières colonies françaises" de 10h à 17h30 Bourse du Travail 67 rue Turbigot Paris (Métro République) - film d'Agnès Fouilleux "Un aller simple pour Mayotte" à 20h Espace St Michel (Métro St Michel)
- MERCREDI 18 FEVRIER - Soirée du livre anti-colonial 19h30 à 20h30 à La Clef 21 rue de la Clef (Métro Censier Daubanton)
- VENDREDI 20 FEVRIER - Colloque Franc CFA 19h30 Mairie de Montreuil (Métro Mairie de Montreuil)
- SAMEDI 21 FEVRIER - MANIFESTATION ANTI-COLONIALE à 14h rassemblement Place des droits de l'Homme (Métro Trocadéro)
- MARDI 24 FEVRIER - Election et remise du prix du "colonialiste de l'année" au cours du banquet
Collectif d'organisation de la semaine anticoloniale (4ème édition) du 14 au 24 Février 2009
Contacts : Henri Pouillot 01 30 501 523 /06 86 400 201 henri.pouillot@orange.fr Farid Sarkis 06 60 67 67 96 contact@anticolonial.net

24 juin 2008

Mamadou et Bineta - Discours de Sarkololo à Dakar

Un exercice parodique de Mariam S.

«
Mamadou, Binéta,

Permettez-moi tout d’abord de remercier Monsieur WADE pour la belle nappe qu’il m’a offerte si chaleureusement. Pour les dessous de table, mon petit Abdoulaye, soyez sur que vous serez récompensé. Permettez-moi de remercier l’Université de DAKAR qui me permet enfin d’aller à l’école pour la première fois de ma vie à 53 ans. C’est fou le nombre important d’élèves africains qu’il y a dans cette classe, c’est pire qu’à la Courneuve.

Je suis venu vous parler avec la fermeté qu’un patron se doit d’avoir envers ses employés, y compris les cheffaillons, n’est-ce pas mon p’tit Abdoulaye ? Je ne suis pas raciste puisque j’ai, en France des amis noirs. J’aime les Africains que je respecte puisque j’en ai moi-même à mon service dans mon gouvernement. Entre le Sénégal et la France, nous avons toujours forgé des liens très étroits, tellement étroits que certains, je ne sais pas pourquoi, nous disent que ce sont de véritables chaînes qui perdurent depuis 600 ans. Vous comprendrez donc qu’on ne peut pas briser de telles chaînes du joug, oh pardon je voulais dire, du jour au lendemain, bien sûr.

Je veux ce soir, m’adresser à tous les Africains, si bien sur y en a dans cette salle, qui comprennent la langue de Molière. Si toi ya pa kompwend fwancé toi ya pa vini en fwance, sauf si Mamadou ya savoir jouer tamtam et Binéta ya savoir dansé bienbien. Si Mamadou pa même religion que Nicolas, c’est que Mamadou pas civilisé et Nicolas appwende à Mamamdou cé koi bon réligion.

Oui, je veux m’adresser à tous les habitants de ce continent meurtri, et, en particulier aux jeunes, qui passez votre temps à vouloir naviguer par delà les mers pour venir prendre notre travail, nos femmes et nos allocations familiales. Oh excusez moi, j’ai pris une copie d’un vieux discours d’un certain Jean-Marie. Vous qui vous dites frères dans la souffrance, dans la misère et dans la révolte, je suis venu vous dire que c’est pas ma faute à moi si vous êtes dans la merde, j’étais pas né au moment où ce con de De Gaulle vous a jeter votre indépendance en pleine tronche. Sachez mes chers amis, que votre indépendance on s’assoit dessus, comme dirait les flics à Air France, du moment qu’on vous pique vos richesses minières et votre pétrole.

Mamadou et Binéta continuez à espérer car c’est votre destin. Comme je le dis toujours à mes amis de couleur, cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine et qui se transmets de génération en génération de Touba à La Courneuve et que l’exil ne pourra jamais effacer et bien nous offrons à vos frères et sœurs en France tout le loisir de retourner l’exercer sur la terre de vos ancêtres. C’est pourquoi Air France leur fait des tarifs de groupe afin qu’ils puissent bénéficier d’un aller simple Paris-Dakar.

Je ne suis pas venu, jeunes de couleurs, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique car je veux pas faire le boulot à votre place. Et puis ça abîmerait mon lifting. Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour m’apitoyer sur votre sort, parce que je m’en balance comme de ma première couche culotte. Je ne suis pas venu, jeunes de couleurs, pour effacer le passé vu que je m’assoie dessus et que ça me fait assez mal par où ça passe.

Ouaih, ouaih, ouaih, je sais … l’esclavage, la traite négrière, la traversée de l’atlantique et patati et patata qu’est-ce que vous voulez que je vous en dise !? C’est ça, plaignez-vous ! Plusieurs millions d’entre vous on vu du paysage, on appris de nouvelles techniques de travails sous les cocotiers et c’est pas de ma faute s’il y avait pas la CGT à l’époque pour défendre le droit des travailleurs étrangers.

Et l’homme noir qui, éternellement, entendrait de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit de l’un d’entre eux qu’on jette à la mer, toujours en train de geindre. Et bien ce négro, qu’il aille se plaindre à Ceuta ou à Melilla. Comme le dirait mon ami Pétré-Grenouilleau : « Et encore ils ont de la chance, on les a pas forcé à écouter du Céline Dion ». Et moi je vous dis que votre continent continuera à crier pendant des siècles sans que personne n’y prête attention, vous pouvez comptez sur moi.

Cette souffrance de l’homme noir, je ne parle pas au sens du sexe dont, paraît-il vous seriez doté de manière démesurée d’après le grand philosophe Pascal Sevran, mais au sens de l’être humain, ou de ce qui s’en approche, cela vaut également pour la femme noire dans son acception générale, c’est à dire ouverte à toute proposition et avec ses dix gosses. Cette souffrance de l’homme noir, bon y en a d’autres, s’il fallait qu’on dresse une liste de tous ceux qu’on a fait souffrir par les exactions de Vercingétorix jusqu’à Bob Denard, en passant par Napoléon, on aurait pas fini de la remplir croyez moi !!! Et puis on était pas les seuls à vous avoir vendu et torturé. Les gnoulbou y zont fait quoi ? Eux aussi ils ont pratiqué la vente en série, et là vous leur dites rien. Devant le grand Sphinx de Libye vous fermez vos gueules. Alors la ramenez pas avec moi sinon je vous fout un coup de talonnette bien placé.

Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime commis par les générations passées. D’autant plus qu’on a eu il n’y a pas si longtemps les manifs anti-CPE, vous savez les jeunes c’est des fainéants ; et que j’ai pas envie de gâcher ma carrière politique comme ce ringard de De Villepin qui s’y connaît lui aussi en tripatouillage de liste. C’est pas aux enfants de trinquer pour les parents.

Jeunes gens de couleurs, je ne viens pas parler de repentance, je viens vous dire que votre déchirure et votre souffrance vous pouvez vous la mettre quelque part pour voir si ça rentre. Parce que, bien que je sois placé à la droite du Père, y’a pas marqué Jésus sur mon front. Comme le dit mon ami Rocard, « on va tout de même pas accueillir toute la misère du monde ». Ce à quoi je rajouterai : « ni la partager non plus d’ailleurs … ». Je vous demande donc de dépasser cette douleur. Bon je sais que pour les Pygmées la barre est un peu haute, mais regardez-moi, un mètre cinquante-cinq, des talonnettes, un peu d’ambition et j’y suis arrivé, alors pourquoi pas vous ?

L’Afrique a sa part de responsabilité dans son malheur. Nous on fait juste que placer nos potes à la tête des gouvernorats, mais on peut pas tout faire non plus. C’est quand même pas de notre faute si vous vous entretuez dès qu’on vous vend des joujous, des big-jim et autres kalashnikov. On vous a déjà dit que c’était dangereux de jouer avec le feu, qu’à force ça brûle. Mais non, vous êtes pires que des gamins. Faut toujours vous le répéter, alors à force ça nous énerve et on vous envoie nos casques bleus pour régler tout ça.

Bon c’est vrai on a été un peu méchant avec vos pères. On leur a emprunté un lopin de terre, coupé quelques mains. Mais vous savez, avec les nouvelles technologies chirurgicales, cela se greffe très très bien maintenant, ils font des progrès extraordinaires. Faut dire aussi que mes ancêtres étaient un peu cons aussi, ils ont désenchanté l’Afrique. C’est pour cela que le 13 Juillet dernier j’ai organisé un grand bal nègre à la Bastille, parce que moi j’aime la musique rythmée. Mes ancêtres n’ont pas vu la richesse de l’Afrique. Heureusement qu’avec mon ami Vincent BOLLORE, on a tout de suite su quels profits tirer de nos amitiés franco-africaines, n’est-ce pas mon p’tit Abdoulaye ?

Mes ancêtres ont voulu convertir l’homme africain aux merveilles de la civilisation occidentale. Mais ces cons de négros z’ont rien compris au film. Alors si vous êtes dans la merde, allez le dire à vos ancêtres lors de vos prochaines cérémonies vaudouesques. Et puis comme on le dit si bien chez vous, parce que moi j’aime la grande sagesse africaine, un tronc d’arbre peut séjourner plusieurs siècles dans une rivière, c’est pas pour autant qu’il devient un crocodile. Alors un nègre ne deviendra jamais un bon français malgré toute la bonne volonté que les missionnaires y ont mis. On a beau les tabasser à coup de bibles sur la tronche et les faire danser à coup de fusil, rien à faire. Sont toujours aussi réfractaires au progrès civilisateur. On est bien gentil, mais on est pas l’Abbé Pierre non plus.

Mes ancêtres ont créé une angoisse, un mal de vivre. Ils ont rendu difficile l’ouverture aux autres, l’échange, le partage parce que pour s’ouvrir, pour échanger et pour partager, il faut être assuré de son identité. Et à Dakar c’est pas facile. Un petit exemple. De l’aéroport jusqu’au Palais, quand j’ai demandé où habite Abdoulaye Wade, on m’en a présenté cinquante douze mille avant de m’amener chez mon hôte. Alors comment voulez-vous qu’un brave policier français, qu’à pas fait Math’Sup’ ni Science Po, il croit vos cousins de France quand ceux-ci lui disent qu’il s’appelle aussi Abdoulaye Wade ? D’autant que des Abdoulaye Wade, y’en a plein les foyer Sonacotra.

Même si mes ancêtres ont pris, se sont servis et ont pillés vos terres, ils ont aussi donné. C’est qui qui a fait construire des routes, des ponts, des dispensaires, des chemins de fer, des écoles en taule ? C’est Mamadou et Binéta peut-être ? Non. Eux ils étaient tellement fainiasses qu’il fallait qu’on aille dans leur village les chercher à coup de trique pour les faire bosser !!! Mes ancêtres ont fécondé quelques terres vierges et quelques sénégalaises aussi, mais je veux le dire ici, haut et fort, tous les colons n’étaient pas que des violeurs, des exploiteurs, des assassins et des voleurs. Non. Parmi eux y’en avaient des sincères, des humanistes qui ont tenter de vous faire assimiler du Voltaire, du Diderot, du Sevran et autres Finkielkraut … Mais non, là encore rien à faire, vous préférez l’émotion à la raison. Vous préférez vous trémousser au son du tamtam plutôt que d’apprendre notre belle philosophie.

La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique (guerres, génocides, famines, Sida, corruption, prévarication, gaspillage, pollution, etc., etc.). Non, ça c’est la néo-colonisation. Alors évitez de jouer sur les mots. En Français, tous les mots sont importants et ont chacun leur signification. La colonisation c’est entre 1441 et 1960. Après c’est la néo-colonisation, parce que nous les Blancs, on a fait semblant de partir mais c’était pour mieux revenir vous gouverner aux travers de nos réseaux politico-financiers-maffiosos, comme le dirait un grand ami des Africains Charles Pasqua.

La colonisation constitue une grande faute qui a changé le destin de l’Afrique. Et ce destin a donné un embryon dénommé Yannick NOAH, sans qui nous n’aurions jamais gagné un tournoi de baballe avec une raquette. De cette grande faute est né l’embryon d’une destinée commune et cette idée me tient particulièrement à cœur d’autant plus qu’à chaque retour de mes tournées africaines j’ai les valises pleines de fric et d’autres babioles qu’ensuite j’offre à mes amis galéristes d’art.

La France n’oublies pas le sang versé par les Africains pour sa libération. D’autant plus qu’on piétine ce sang nègre tous les jours. De même qu’on a jamais décoré un tirailleur, qu’il soit sénégalais ou autres, puisqu’on demande à leur descendant de justement se tirer ailleurs voir si on y est.

Pour le meilleur et surtout pour le pire, la colonisation a transformé l’homme africain et l’Afrique en réserve naturelle de main d’œuvre bon marché. Alors, vous voyez bien que la colonisation fut un bienfait pour votre continent. De quoi vous plaignez-vous ? Sans nous, pas de cancer, pas d’amiantes, pas d’asthme, pas de stress, pas de crise cardiaque. Tout ça c’est des maladies de Blancs que vous les Noirs vous pouvez aussi attraper maintenant. La seule différence, c’est que l’homme blanc lui, pourra se faire soigner ; tandis que vous, vous pourrez juste crever. Mais voyez le bon côté des choses : vous n’aurez pas besoin de cotiser pour payer une sécurité sociale puisque même en France on y arrive plus.

Jeunes de couleurs, vous êtes les héritiers des plus vieilles traditions africaines et il serait grand temps d’évoluer un peu. Vous n’allez pas continuer à vous déguiser avec vos boubous, et autres pagnes ringards. Regardez-moi, le costard-cravatte de chez Prada, c’est quand même plus classe que le boubou de chez Mamadou style. Jeunes de couleurs, ne cédez pas à la tentation de la pureté parce que cela est réservé à l’homme Blanc qui seul, et c’est pas moi qui le dit mais Dieu en personne, est doté d’un pouvoir de supériorité sur les autres. Jeunes de couleurs, ne vous enfermez pas dans vos richesses, parce qu’elles ne vous sont pas destinées. Si Dieu a placé celles-ci sous vos pieds, c’est parce qu’il s’est trompé de feuille de route. Mais il s’est rattrapé en nous donnant le pouvoir de vous dominer. Vous, il vous a juste réservé le domaine de l’art, d’une forme primitive de conception, et encore, on en est pas sûr.

C’est en puisant dans l’imaginaire africain – parce qu’en Europe on est pas gâté dans ce domaine – dans les contes, dans les proverbes, dans les mythologies, dans les rites et autres fanfaronnades, que nous, Occidentaux, on vous emberlificote en vous racontant des histoires à dormir debout. Pendant que vous écoutez bien sagement nos fanfaronnades, on vous pique vos richesses et vous n’y voyez que du feu. C’est en piochant dans votre imaginaire que vous trouverez la force de vous inventer un avenir, parce que de toute façon c’est la seule chose qui vous reste à faire, imaginer, imaginer, imaginer votre avenir devant une assiette désespérément vide.

Je suis venu vous dire de ne pas avoir honte de la civilisation africaine. Certes, vous n’avez pas inventé l’eau chaude ni le fil à couper le beurre mais cela vous préserve du matérialisme et de l’individualisme de l’homme blanc. Vous n’avez pas besoin de réfléchir, de penser, d’entreprendre, parce que cela donne très mal à la tête et que de toute façon vous n’êtes pas foutu de fabriquer un cachet d’aspirine. Je suis venu également vous dire mon admiration, et celle de l’homme blanc, pour l’habitat africain. Cette symbiose millénaire entre l’homme africain et la nature, il ne faut absolument pas la détruire. Alors pourquoi voulez-vous toujours plus de confort, l’eau courante, l’électricité, le gaz, etc., etc., etc. ? Je trouve merveilleuses ces petites maisons, faites en taules et en sacs plastiques, en dessous les arbres. Je trouve qu’il y a là une ingéniosité quant à la récupération et la transformation des déchets. Je pense que je vais en parler à mon ami Fadela AMARA, afin qu’on puisse adapter cet habitat en France et y abriter les sans logis.

Je suis venu vous dire que le drame de l’Afrique, c’est que l’homme Africain n’est pas assez rentré dans l’histoire. Mais reconnaissez une fois de plus qu’on y a mis toute notre volonté. Même à coup de trique, de coups de pied dans la tronche, z’avez même pas été foutu d’entrer dans la grande histoire du monde. Alors venez pas vous plaindre si celle-ci n’est pas enseignée dans les écoles. Ouaih, on me dit qu’un certain Cheikh Anta Diop aurait démontré que les pharaons étaient des noirs. Eh, vous imaginez des nègres en train de construire les pyramides de Ghizé ? Et bien même Charles Trênet n’y a pas pensé, alors un nègre, tu parles Charles. Et puis ce Cheikh Anta machin, il aurait pas pu se contenter de jouer au football comme tous les jeunes nègres de son âge, au lieu d’écrire des conneries ?

Dans cet univers où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance. Alors là, cette fois-ci c’est moi qui comprend rien à ce que je dis. Le mec qu’à écrit ça, il a dû s’en payer une sacré dose de vodka avec Poutine. Avant pour écrire des conneries pareilles qu’on comprend pas, faut être bourré comme un polak. Ceci dit, reconnaissez qu’on a jamais vu un africain inventer quoique ce soit. Z’êtes pas foutus d’avoir inventé le réfrigérateur, me dites pas que z’êtes foutu d’avoir inventé la sonde Explorer.

Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Pourtant d’après ce qu’on me dit, vous êtes des coureurs hors pairs, surtout quand vous voyez des flics, ou alors qu’on vous entraine pour le marathon de Paris. Ah ça, pour ça, z’êtes toujours prêts et toujours premiers. Comme vous le savez je suis un ami de l’Afrique, j’aime la Fric, mais cessez de toujours ressasser le passé, et patati et patata. Le problème de l’Afrique n’est pas de s’attendre au retour du malheur, puisque ça, elle est en plein dedans, mais de se donner les moyens de conjurer le malheur. Et pour cela, je voudrais savoir ce que foutent vos soit-disant grands marabouts. Parce ce que si Marabout DIABY avait autant de pouvoir qu’il le prétend sur la place à Château Rouge, l’Afrique devrait nager dans le bonheur. Or cela n’est pas le cas, c’est donc que c’est des bonimenteurs.

Le problème de l’Afrique, c’est de s’approprier les droits de l’homme, la démocratie, la liberté, l’égalité et la justice comme héritage, oui mais cela dit il ne faut pas non plus abuser des bonnes choses. C’est pourquoi je recommande toujours à mes chefs de rangs la modération dans ce domaine, et je tiens à dire toute la satisfaction que me procure en ce domaine mon petit Abdoulaye. Tout comme son collègue malien, il a tout compris et s’approprie les droits de faire ce qu’il veut, avec qui il veut, comme il le veut et le tout sans pour autant passer pour un dictateur.

La faiblesse de l’Afrique, c’est de ne pas avoir participé au grand métissage. C’est vrai qu’en descendant d’avion j’ai trouvé qu’il y avait pratiquement que des Noirs. Partout, des Noirs, des Noirs, des Noirs … C’est pour cela que certains de mes ancêtres ont fait ngolo ngolo avec des petites sénégalaises afin de mettre un peu de diversité ethnique dans tout cela.

Ne vous laissez pas, jeunes de couleurs, voler votre avenir par ceux qui veulent vous exproprier d’une économie qui devrait vous appartenir. Surtout si les voleurs en question sont des chinetoques, toujours sourire, toujours sourire, mais ceux-la j’les connais bien. Tu leur donnes un doigt, ils prennent tout le bras. N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent vous empêcher de prendre part au capitalisme, cette merveilleuse aventure humaine. N’écoutez pas vos vieux qui vous disent de ne pas aller en Occident car c’est la merde. Ecoutez-moi, jeunes de couleurs, venez faire travailler vos bras en France, car qui va payer nos retraites à nos vieux qui nous coûtent chers parce qu’ils veulent pas crever, si c’est pas vous et vos mômes ?

Ecoutez plutôt la voix du Président Senghor, ce président tel qu’on les aime, bien élevé, parlant notre belle langue, préférant le bifteck frite au maffé, yassa, tiéboudiène ; et qui pendant qu’il discutait dans sa maison de retraite académicienne ne nous emmerdait pas avec ses questions de repentance, d’indépendance, de réparation, et patati et patata … Non, le vieux il nous foutait la paix, du moment qu’on le laissait faire ce qu’il voulait. Ce grand poète voulait que l’Afrique se mette à parler à toute l’humanité ; et lui écrivait en France, donc dans la langue sacré du Seigneur, et pas dans le barragouin local qu’on comprend pas.

L’Afrique a fait se ressouvenir à tous les peuples de la terre qu’ils avaient partagé la même enfance. Oui, mais force est de reconnaître qu’ensuite l’Occident est entré dans l’adolescence et a atteint son âge adulte. L’Afrique, elle, s’est arrêtée aux portes de l’adolescence, comme un grand benêt qu’à pas finit de grandir. L’Afrique a réveillé les joies simples de se contenter du peu qu’on a, ce besoin de croire plutôt que de comprendre. C’est pour cela d’ailleurs qu’on vous a ramené des bibles pour que vous croyez à des sornettes que seuls nous autres occidentaux avons compris et auxquelles nous n’avons jamais crues. L’Afrique, c’est l’émotion plutôt que la raison qui, elle, est hellène, c’est bien connu.

Alors entendez, jeunes de couleurs, combien je suis africain quand j’essaye de parler comme Michel LEEB, un autre de nos grands philosophes. Dès lors qu’un jour vous arrêterez de vous chamailler entre vous, de vous critiquer, peut-être qu’un jour vous penserez à la Renaissance Africaine. Bon moi je vous dit ça, mais prenez votre temps, on est pas pressé de briser les chaînes coloniales.

La réalité de l’Afrique c’est une démographie trop forte pour une économie trop faible. Et la pilule, c’est fait pour qui, pour les chiens peut-être ? Binéta, elle est pas foutue d’en avaler et elle veut l’égalité avec les femmes occidentales !!! Quant à Mamadou, faudrait p’tête arrêter de passer son temps à faire ngol ngolo dans la case, ou alors faut mettre un préservatif, mec !!!

La réalité de l’Afrique, c’est le développement qui ne va pas assez vite. Bien évidemment, tas d’fainiasses que vous êtes, vous feriez mieux de vous mettre au taf plutôt que de passer votre temps à faire la queue devant les consulats européens, pour avoir un bout de papier à la con. La réalité de l’Afrique, c’est l’agriculture qui ne produit pas assez, c’est le manque de route, c’est le manque d’écoles, c’est le manque d’hôpitaux. Alors, quand je vous dis que ça marchait mieux du temps de la coloniale à coups de trique, à coups de fusil, de pompe dans l’arrière-train, et autres machettes, vous ne me croyez pas. Constater vous-mêmes que quand on est pas là pour vous encourager, un peu violemment certes, et bien rien ne marche sur ce foutu continent.

Je sais, jeunes de couleurs, que comme toutes les jeunesses du monde, vous rêvez de voyages, d’aventures, de conquérir le monde. Et je sais bien, jeunes de couleurs, que vous êtes prêts à prendre n’importe quel prétexte pour venir vous installer chez nous. Jusqu’à prétexter une certaine misère. Mais prenez exemple sur Bouddha. Voilà un mec qu’à pas bouffé pendant plusieurs années, parce qu’il fallait qu’il réfléchisse sur l’avenir de l’humanité. Et bien il en est pas mort. Alors vous pouvez en faire autant, si, si, et puis en plus, la diète, ça désintoxique l’organisme.

La jeunesse africaine doit avoir le sentiment qu’ensemble tout peut être possible, même de prendre sa carte à l’UMP. Elle doit pouvoir acquérir hors d’Afrique la compétence et le savoir qu’elle ne trouverait pas chez elle, notamment le maniement du balai, le ramassage d’ordures, la pelle et la truelle, et autres divers petits métiers que les blancs sont pas foutus de faire. Mais elle doit aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents qu’elle aura développés. Il lui faut revenir bâtir l’Afrique. Il faut mettre un terme au pillage des élites africaines. Quoique entre le Vieux Abdoulaye, le Toumani Touré qui voit pas plus loin que le bout de son nez, et les autres, si c’est ça vos élites, vous pouvez vous les garder, ils nous servent encore.

L’Afrique ne veut pas d’aide, l’Afrique ne veut pas de passe-droit. Ce que veut l’Afrique, et surtout ce que veut la France, c’est la coopération, c’est le partenariat. Fini, le temps où le Docteur Kouchner vous refilait du riz plein sac. En fait, y’a que les termes du contrats qui changent, parce que dans les faits, on continuera de vous exploitez, de vous piller vos richesses, et vous serez toujours les dindons de la farce. Et puis de temps à autre on vous enverra le vieux docteur pour faire comme avant. Et puis pépé ça lui rappellera sa jeunesse.

Jeunes de couleurs, vous voulez la démocratie, vous voulez la liberté, vous voulez la justice, vous voulez le droit, et puis quoi encore ? Vous voulez pas ma femme, tant que vous y êtes ? Et bien prenez tout, ça, c’est cadeau. Mais attention, parce qu’à la moindre manifestation, au moindre rassemblement, la France va vous karchériser. N’oubliez pas que nous avons au Sénégal, au Bénin, au Togo, à Djibouti, en Côte d’Ivoire quelques bases militaires.

Jeunes de couleurs, vous croyez que le libre échange est bénéfique mais que ce n’est pas une religion. Et bien nous, on pense pas comme ça. Non seulement on vous dit que le libre échange est bénéfique pour nous, mais en plus vous devez considérez cela comme une religion. Parce que vous, les nègres, tant qu’il y a pas du religieux là dedans, vous êtes pas foutus de vous rassembler. Vous voulez une autre mondialisation, avec plus d’humanité, avec plus de justice, plus de règles ? Eh, les mecs faut arrêter de fumer la moquette. Y’a pas marqué hippy sur mon front.

Jeunes de couleurs, vous voulez le développement, vous voulez la croissance, vous voulez la hausse du niveau de vie ? Décidément je vais finir par croire que vous êtes plus ambitieux que moi. Vous ne voulez plus qu’il y ait de famine en Afrique, qu’il n’y ait plus aucun enfant qui crève la dalle ? Alors chercher l’autosuffisance mais démerdez-vous. L’Afrique a besoin de produire pour se nourrir, et pas de se reproduire. Faut pas confondre les mots. Parce que quand je vous dit que vous tenez votre avenir entre vos mains, c’est pas de votre outil intime dont je vous parle, mais bien de votre avenir économique.

Vous voulez la paix sur le continent Africain ? Vous voulez la sécurité collective ? Vous voulez le règlement pacifique des conflits ? Mais décidément, vous êtes gonflés. Vous croyez que ça ce décrète comme cela, du jour au lendemain. Mais si jamais cela arrivait, qui va acheter nos armes, qui va employer nos mercenaires et autres militaires ? Vous y avez pensé ? Vous avez pensé au nombre de Français que vous mettrez au chomdu ? Aux nombreuses familles françaises qui vivent de l’armement ? Les Lagardère, les Pinault, les Dassault, …. Et qui ont eux aussi des enfants à nourrir ? Allons soyez raisonnables la paix, la sécurité c’est pas pour les nègres.

Vous voulez l’unité Africaine ? Z’êtes pas foutus de baragouiner la même langue. Vous voulez l’unité Africaine ? Finalement la France le souhaite aussi, car l’Unité Africaine rendra l’Afrique aux Africains. Mais on vous rendra l’Afrique seulement, puisque le fric, le pognon, ça on le garde. Ce que la France veut faire avec l’Afrique c’est une politique d’immigration négociée. Ensemble pour que la jeunesse africaine immigrée en France puisse être accueillie dignement à bord de nos vols Air SARKOZY, dont je vous rappelle que tout est compris dans le forfait : le matraquage, le bandage, le scotch, etc., etc., etc. Ceci afin d’enlever à vos frères toute envie de revenir nous voir.

A ceux qui, en Afrique, regardent avec méfiance ce grand projet de l’Union méditerranéenne que la France a proposé à tous les pays riverains de la Méditerranée, je veux dire qu’il ne s’agit nullement de mettre l’Afrique à l’écart. Mais puisque depuis un certains temps, je trouvait que mon ami le Grand Sphinx de Libye avait des velléités panafricanistes. Et ça, c’est pas bon pour l’économie française. C’est pourquoi, par un subterfuge bulgare, j’ai décidé de lui concocter une union à la con, de bric-à-brac, dont il prendra la Présidence. Ainsi, nous re-découperons l’Afrique un petit peu plus qu’en 1885, et cela sera tout bénèf pour nous.

Alors jeunes de couleurs, je suis venu vous apporter la voix de l’Occident qui est la seule, la vraie, l’unique que vous devez emprunter. Et quand je dis emprunter, c’est sur plusieurs décennies avec des intérêts tous particuliers et tout bénèf pour nous, il en va de soit. C’est cela le sens de la coopération et du co-développement, car nous, pauvres occidentaux, nous avons aussi besoin de nous développer. Car que serions-nous sans votre or, votre bauxite, votre uranium, vos minerais, vos forêts ? Et bien rien du tout, nous en sommes conscients.

C’est pour cela que nous tenons à ce que les chaînes coloniales qui nous unissent depuis plusieurs siècles, n’est-ce pas mon p’tit Abdoulaye, ne soient pas rompues de si tôt. Et gare à celui ou celle qui osera relever la tête pour faire la révolution et mener le continent africain à sa véritable indépendance. Tout comme mes prédécesseurs, je saurai m’en occuper, croyez moi !!! Le prochain Thomas SANKARA n’est pas encore né et n’est pas prêt de voir le jour.

A bon entendeur, Salut !!!
»


C’était le discours de mon Président Dictateur Préféré, SARKOLOLO, revu et à peine corrigé par Mariam SERI SIDIBE.

1 juin 2008

Césaire l'Africain


Il y a comme ça des œuvres que l’on découvre, loin de chez soi, des œuvres qui vous font tressaillir parce que cela vous remue les tripes, et vous replacent véritablement dans votre culture et votre identité.

C’est ainsi que j’ai redécouvert CESAIRE lorsque j’étais en Mauritanie. A Bogué, plus précisément. Je devais apporter quelques cartons remplis de livres que j’avais proposés pour la bibliothèque d’un lycée ou pour fournir la bibliothèque municipale. C’est dans ces cartons que se trouvaient deux exemplaires de Cahier d’un retour au pays natal. Alors qu’avec mes frères mauritaniens, j’attendais Monsieur le Maire à la Mairie de BOGUE, un groupe de jeunes étaient présents également. Ils venaient pour demander l’autorisation d’avoir une salle pour jouer leur pièce de fin d’année Cahier d’un retour au pays Natal. Quand Monsieur l’Adjoint au Maire nous reçut, avec beaucoup de retard dont il s’est excusé, nous avons convenu d’être reçus tous ensembles. Grand bien nous en a fait. Non seulement les jeunes n’avaient pas de salles pour répéter mais surtout ils n’avaient pas assez d’exemplaires du livre pour répéter chacun. C’est alors que je leur fis part que j’avais deux exemplaires de la fameuse œuvre et que je le leur offrais. Nous sommes allés en ville pour faire des photocopies de l’œuvre.

J’ai donc assisté aux premières répétions du Cahier d’un retour au pays natal. Bien que balbutiante au départ, j’ai vu la construction théâtrale. Et là j’ai vu Césaire l’Africain. J’ai vu ce Vieux Nègre, comme on dit chez nous aux Antilles. J’ai imaginé son sourire et ses yeux espiègles, brillants de cette intelligence divine et discrète, et j’ai imaginé sa joie de se voir et de s’entendre jouer par de jeunes Nègres qui lui donnaient par leurs voix, leurs corps, leurs esprits l’occasion d’être avec moi, sur cette terre africaine que nous chérissons tous les deux. La pièce fut jouée alors que j’étais de retour en France, mais Césaire en aurait été fier. J’avais également remis aux jeunes un drapeau guadeloupéen, représentant un homme noir, soufflant dans la corne de Lambi qui, chez nous, représente le signal de la révolte et de la liberté. Ce drapeau figurait dans le décor de la pièce dont j’ai vu la représentation en vidéo.

C’est cela que je voulais dire aujourd’hui. C’est ce Césaire-là, celui qui a toujours refusé le colonialisme, le racisme, et les honneurs de la patrie qui se dit pourtant des droits universels de l’homme. Celui qui ne s’est pas rabaissé pour un siège académique à qui je rends hommage aujourd’hui. C’est ce Césaire que j’honorerais tous les jours, à chaque pas, à chaque instant de ma modeste vie. C’est ce Césaire que j’ai eu plaisir à lire et partager en Afrique. C’est ce Césaire, digne descendant du nègre esclavagisé Romain CESAIRE qui en 1830 fut condamné à mort pour révolte et pendu par la justice de ceux qui se croyaient ces maîtres. Je dis qui se croyaient ses maîtres car l’histoire nous montre, que dans les mêmes veines coule le même sang. Celui de la révolte. Et cela, personne ne pourra l’en empêcher.

Mariam SERI SIDIBE

29 avril 2008

AGENDA

- DU 7 AVRIL AU 13 MAI : LE MOI(S) CONTRE LA FRANÇAFRIQUE

« Afin de donner une audience plus large à ces revendications, Survie organise du 7 avril au 13 mai un mois de mobilisations partout en France : interpellation des élus et sensibilisation du grand public avec des conférences, des projections débats, des tables de presse, des concerts, des manifestations...Cette année, le « Moi(s) contre la Françafrique » se déroulera du 7 avril (date du début du génocide au Rwanda en 1994) au 13 mai (le 13 mai 1958 étant considéré dans l’histoire officielle comme l’avènement de la Vème République et le retour au pouvoir du général de Gaulle). En 1958, l’instauration de la Vème République par le général de Gaulle (rappelé au pouvoir en pleine guerre d’Algérie) coïncide avec la mise en place de la Françafrique, devenue en quelque sorte consubstantielle d’une République qui s’attachera, jusqu’aujourd’hui encore, à garder une haute main sur les pays africains et leurs ressources naturelles. La stigmatisation des 50 ans de cette politique, non démocratique, est pour nous l’occasion d’appeler à un changement réel et à une véritable rupture dans ces pratiques par un assainissement des relations franco-africaines. Dans le cadre du Mois contre la Françafrique organisé par Survie, Moussa Tchangari, animateur d’Alternative Niger, est invité en France du 13 au 27 avril, pour plusieurs conférences et rendez-vous avec des élus locaux pour présenter un état des lieux de la situation et relayer les exigences démocratiques exprimées par les organisations de la société civile. Il participe aux forums sociaux régionaux et mondiaux, et avait été arrêté en 2005 lorsqu’il portait la voix des 70 000 Nigériens descendus pacifiquement dans la rue pour protester contre une loi de finance aux effets catastrophiques pour la grande majorité de la population. »

Pour plus d’infos, site de Survie : http://survie-france.org/article.php3?id_article=1127


- JEUDI 8 MAI : MARCHE DECOLONIALE

« Le 8 mai prochain, MARCHONS pour montrer que le chemin de la dignité passe par la convergence, au sein d’une même organisation politique autonome, antiracialiste et décoloniale, de tous ceux qui sont aujourd’hui traités comme des indigènes. En France, des nostalgiques semblent regretter le temps béni des colonies… Mais qu’on les rassure ! Ce temps-là est loin d’être mort ! L’Etat français s’en porte en effet garant : il entretient la continuité coloniale à la française : le racisme républicain. (…) Le président de la république poursuit, renforce et assume une politique de préférence raciale, entretenue plus ou moins discrètement par ses prédécesseurs à la tête de l’Etat, aidé en cela par une offensive racialiste généralisée en Europe, sur fond de « choc des civilisations ». Et pour neutraliser nos révoltes et nos résistances, Mr Sarkozy exhibe ses marionnettes noires, arabes et/ou musulmanes ! Notre devoir est d’organiser nos résistances et nos luttes. Ne continuons pas dans la division ; cessons de nous mobiliser de manière ponctuelle ou dispersée, ou encore en confiant à d’autres le soin de lutter à notre place. (…) Parce que le racisme est l’œuvre d’un système politique, économique, politique et culturel bien ancré, défendre nos intérêts dans les quartiers, les entreprises, les écoles…, construire l’égalité de traitement, la justice pour tous et la citoyenneté, imposer le respect du droit des peuples à l’autodétermination, passe nécessairement par l’investissement du champ politique. (…) » Paris, le 10 février 2008. Le Collectif de la Marche décoloniale du 8 mai

Le Collectif de la Marche décoloniale du 8 mai est composé des associations suivantes :

Association des Etudiants de Culture Africaine de Lyon (AECAL), Association des Etudiants kanaks, Cercle de Réflexion Citoyenne de Mantes-la-Jolie, Collectif Racisme et Discriminations de la Société Renault, Comité des familles pour survivre au SIDA, Groupe Frantz Fanon de Bagnolet, Les Indigènes de Belgique, KARITE panafricaine des droits de l’homme et de la diversité (LYON), Kolektif réunionnais SORT DOVAN, Mouvement des Indigènes de la République (MIR), Mouvement pour une Nouvelle Humanité (MNH), les Républicains Basanés, Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT), Véto ! (Garges-Sarcelle)

Pour plus d’infos : http://www.indigenes-republique.org/spip.php?rubrique77

11 février 2008

La semaine anticoloniale : Agir contre le colonialisme


Du 16 au 24 février, avec au programme :

- Mémoires du colonialisme

- Colonies françaises: Kanaky, Mayotte, Polynésie_

- Colonies d’aujourd’hui: Tchetchénie, Palestine, Tibet, Sahara occidental...

- Françafrique et néo-colonialisme

- Recolonisation économique

- Immigration post-coloniale

- Imaginaire colonial et mécanismes de discrimination

- Impérialisme et colonisation

Organisé avec: MRAP, CEDETIM, FTCR, Au Nom de la Mémoire, CADTM, ACG (Agir contre la Guerre), ATTAC, AFASPA, CAAC-Comores, Ishtar, L’Yeux Ouverts, Cercle Frantz Fanon, ACCA, Maison d’Europe et d’Orient, ACB, Resisting Women (femmes en résistance), ZEP, ...

Email: contact@anticolonial.org site web: http://www.anticolonial.org, Tél: 06606765797


Samedi 16 Février

15h: Rassemblement sur le parvis des Droits de l’Homme, Place du Trocadéro (métro Trocadero) : Solidarité avec les peuples colonisés par la France (Mayotte,Kanakie, polynésie, Antilles, Guyane ...)

18h: Projection de Films à l’ACB association de culture berbère (37 bis rue des Maronites 75020 Paris): Le silence du fleuve et Les massacres de Sétif 8 mai 45. Suivie d’une rencontre avec Mehdi Lallaoui, réalisateur, Samia Messaoudi, responsable AU NOM DE LA MEMOIRE

21h30: Nuit du film anticolonial, Au Cinema les 3 luxembourg (67 rue Monsieur Le Prince, 75006 Paris, métro Luxembourg)


Dimanche 17 Février

15h*: Rencontre organisée par ACG (Agir Contre la Guerre): La recolonisation du moyen-orient: palestine, Irak, Liban, Iran. Quel rôle du mouvement anti-guerre dans les nouvelles guerres coloniales ?


Lundi 18 Février

19h: Soirée-débat (AFASPA, Bourse du Travail, 13 rue Pierre-et-Marie-Curie 93170 Bagnolet) : Sahara Occidental, à quand la décolonisation ?

19h: Rencontre organisée par le Cedetim (Au CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011, métro Boulets ): L’actualité de l’anticolonialisme français (avec Jean-Jacques de Felice, Serge Depaquit, Gisele Halimi...)


Mardi 19 Février

19h*: Débat animé par la FTCR: Les politiques antiterroristes comme nouveau vecteur de la domination : étude de cas



Mercredi 20 Février

18h45 à 21h30: Table ronde organisée par l’Association Ishtar au Centre Culturel la Clef (21 rue de la Clef 75005 Paris, métro Censier) : Héritages et actualité du combat anticolonialiste. Du Sultan Galiev à Amilcar Cabral, de Messali Hadj à Kwamé Nkrumah, suivie à 21h30 de la Remise du Prix Ishtar du Livre Anticolonial.


Jeudi 21 Février

9h30-19h : Colloque au Palais du Luxembourg : Reconnaissance n’est pas repentance (sur invitation, envoyer demande à contact@anticolonial.org ou tél: 06 60 67 67 96)

19h: La Maison d’Europe et d’Orient (3 passage Hennel, 75012 Paris), en partenariat avec l’Assemblée Européenne des Citoyens: débat sur le thème: Quel avenir pour le Kosovo ?

20h: Au Centre Culture la Clef (21 rue de la Clef, 75005 PARIS, métro Censier) organisée par le CADTM, Film-débat autour du film “Life and debt”: La spirale infernale de la dette comme outil implacable du néocolonialisme.

19h: Soirée-débat (AFASPA : Bourse du Travail, 13 rue Pierre-et-Marie-Curie 93170 Bagnolet) :Enjeux malgaches actuels. Quelles perspectives progressistes ?

20h45 : Projection du film "La bataille d’Alger" au cinema des lumières à Nanterre (RER Nanterre Ville, Rue Maurice Thorez) suivi d’un débat animé par Mogniss Abdallah avec les candidats aux municipales (Rachid Kaci pour l’UMP, Nordine Iznasni pour la gauche, Vincent Geisser politologue).


Vendredi 22 Février

19h30: Banquet anticolonial et remise du prix du "colonialiste de l’année" (Catégories politiques, élu local, intellectuels) Par un Jury associatif (entrée sur invitation, écrire à contact@anticolonial.org, Tél: 06 60 67 67 96)


Samedi 23 Février

15h: Métro Denfert-Rochereau, Manifestons à l’occasion du 3ème anniversaire de la loi sur la “colonisation positive”: Ministère de l’identité nationale, Ministère de la honte.


Dimanche 24 Février

10h: Hommage à Manouchian et au FTP de la MOI (Main d’Oeuvre Immigrée) au cimetière d’Ivry (Rendez-vous sortie métro porte de Choisy à 9h30).

* Date, lieu, horaire à confirmer et programme en région sur le site anticolonial.org

11 avril 2002

La politique impériale de la France en Afrique

Le génocide du Rwanda est l'un des résultats des politiques de l'Etat français vis-à-vis de l'Afrique.
Le 7 avril 2002, un rassemblement s'est tenu au Trocadéro (Paris) pour commémorer le début du génocide au Rwanda, le 7 avril 1994. De nombreux orateurs de différents pays africains se sont succédés pour dénoncer la politique africaine de la France, à l'initiative de l'association Survie.
A cette occasion, Olivier Besancenot a remis la déclaration suivante, faisant entendre une autre voix au milieu du silence consensuel qui entoure la politique africaine de la France dans cette campagne électorale:
Déclaration
"Avril 1994. Je venais d'avoir 20 ans quand commençait le génocide au Rwanda. Comme la majorité des jeunes de ma génération, j'avais appris de nos aînés, qui nous en avaient transmis la mémoire, la terrible leçon du génocide des Juifs perpétré par la barbarie nazie. Tous nous avions la conviction que le devoir de mémoire maintiendrait la vigilance pour que, plus jamais, cela ne se reproduise.
Il fallut se rendre à l'évidence, la vigilance avait été prise en défaut. Sur un autre continent, plus d'un million de femmes et d'hommes tombaient victimes d'une extermination planifiée par un régime totalitaire. Nous avons alors découvert la responsabilité de l'Etat français qui, avant, pendant et après le génocide, apporta son soutien diplomatique, militaire et financier à ceux qui le commettaient. Nous avons compris que les mêmes causes pouvant provoquer les mêmes effets, rien n'empêchait sa répétition. L'appétit de richesses, le mépris pour le sort des peuples, la destruction des services publics, l'accumulation d'une dette plongeant les peuples africains dans la pauvreté, fournissent le terreau sur lequel prolifèrent des régimes prêts à tout pour sauvegarder leur pouvoir et leurs privilèges. Puis nous avons retrouvé le même poison du racisme, la même manipulation des appartenances ethniques, lors des guerres civiles dans les deux Congo, en Côte-d'Ivoire et ailleurs. Retrouvé aussi la même connivence entre ces régimes et leurs protecteurs, les dirigeants politiques et les grandes multinationales qui siègent ici, en France. Nous nous sommes remémoré la longue litanie des massacres coloniaux et post-coloniaux commis par une France impériale, et qui jalonnèrent les luttes de libération des peuples comme au Cameroun, à Madagascar, en Algérie.
"Le Rwanda aurait dû ouvrir les yeux de ceux qui, en France, poursuivent depuis 40 ans une politique de domination en Afrique, sur les plans économique, militaire, politique et culturel. Il n'en a rien été. Le système de domination néocolonial mis en place par De Gaulle est perpétué jusqu'à aujourd'hui par ses héritiers: pillage des ressources africaines, soutien aux pires dictatures, corruption ici et là-bas, vente d'armes alimentant des guerres sans fin. La gauche au gouvernement n'a rien changé, oubliant vite sa promesse de faire l'inventaire de la politique d'un Mitterrand qui restera dans l'histoire le complice d'un régime rwandais qui commit l'innommable. Depuis cinq ans, aucun travail sérieux de mémoire, de vérité et de justice n'a été engagé, le Parlement n'a produit qu'une mission d'information dédouanant l'Etat français de toute responsabilité. [...] Et tous les régimes qui, au lieu de servir leurs peuples, servent d'abord les intérêts de TotalFinaElf ou de Bolloré et qui pratiquent la fraude électorale à grande échelle, bénéficient toujours de la bienveillance de l'Elysée comme de celle de Matignon."
"L'espoir renaît pourtant. A Seattle, à Gênes, à Porto Alegre, s'affirme un formidable mouvement de résistance contre la mondialisation capitaliste et l'oppression des peuples. La jeunesse est à la pointe de ce combat. Un mouvement qui ne doit pas oublier que la lutte contre la mondialisation libérale, quand elle se mène à Paris, passe par une remise en cause de la politique de la France et par la solidarité avec les peuples africains. Un mouvement qui s'étend au continent africain, du Sénégal à l'Afrique du Sud ou au Zimbabwe, contre la dette, les guerres, pour la démocratie."
"La nouvelle génération, en Afrique et en France, se doit de reprendre les combats de ceux qui nous ont précédés, de ceux qui le payèrent de leurs vies, comme Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Steve Biko, et des millions d'anonymes.
"[...] Avec vous, je m'engage à transmettre à la nouvelle génération la mémoire du génocide rwandais.
"[...] Le champ de l'action politique est inséparable du combat pour la vie et l'humanité, ce sont un seul et même terrain de reconstruction de nos combats, tous ensemble.
"Nous garderons la mémoire du passé pour construire un avenir de justice, d'égalité et de solidarité. Nos vies valent plus que leurs profits."
Des propositions
Cette prise de position s'accompagne de propositions pour une politique qui marquerait une rupture claire avec celle menée par les gouvernements français pendant des décennies:
• Cesser toute forme d'interventionnisme; retirer les 6 000 militaires français stationnés en Afrique, interdire par la loi les sociétés de mercenaires, ratifier la convention de l'ONU de 1989 contre le mercenariat alors que foisonnent des sociétés privées de sécurité employant anciens militaires français et mercenaires.
• Cesser de soutenir les régimes violents, corrompus et illégitimes, ou arrivés au pouvoir par la fraude électorale.
• Mettre sous contrôle des citoyens, des salariés, des élus, les activités des grands groupes industriels, comme TotalFinaElf, leur refuser toute aide publique et appliquer des dispositions juridiques lorsque leurs activités conduisent à la violation des droits humains, économiques, sociaux, environnementaux.
• Annuler la dette africaine, publique et privée; le Forum social mondial de Porto Alegre ou la conférence de Dakar ont mis en lumière l'illégitimité de dettes nées de l'usure et du pillage pratiqués par les Etats néocoloniaux, les multinationales et les établissements bancaires.
• Rendre aux peuples africains les services publics qui leur sont volés. En échange du rachat de parts de la dette, des groupes comme Vivendi, Bolloré, mais aussi France Telecom, EDF-GDF, SNCF, ont privatisé en rachetant l'essentiel des services publics dans de nombreux pays africains. L'"ouverture au capital privé" des services publics en France sert aussi à privatiser en Afrique!
• Refondre totalement l'aide publique française au développement, dont à peine 1% bénéficie directement aux populations africaines. L'essentiel est détourné, pour des projets aux conséquences écologiques et sociales désastreuses, pour soutenir l'installation ou la reconduite de régimes illégitimes. Cet argent public revient dans les bénéfices d'entreprises françaises et alimente la corruption de la classe politique française. Tout projet d'aide publique doit être soumis aux citoyens français, tout projet doit recevoir l'aval et le contrôle des populations concernées en Afrique. Dans ces conditions, elle doit être augmentée au bénéfice des peuples qui ont subi des siècles de pillage de leurs richesses.
Alain Mathieu

Rouge 11/04/02