Les autorités maliennes continuent de garder le silence devant les évidences et les révélations accablantes confirmées par un responsable régional de l’Office de l’ONU basé à Dakar selon lesquelles, un Boeing en provenance du Venezuela a débarqué le 05 novembre 2009 de la cocaïne dans la Commune rurale de Tarkint, cercle de Bourem.
Selon le responsable de l’Office de l’ONU, le Boeing qui est parti du Venezuela a atterri sur une piste artisanale près du village de Tarkint à 150 Km au Nord Est de Gao, avant de décharger des tonnes de Cocaïne et d’autres produits illicites.
L’appareil a voulu décoller, mais a connu des ennuis techniques et s’est écrasé juste après son décollage obligeant ses occupants (sortis indemnes) à y mettre le feu pour faire disparaître toute trace compromettante et prendre ensuite la poudre d’escampette sans être inquiétés.
Ces révélations viennent confirmer le fait que notre pays devient progressivement une véritable tête de pont dans le dispositif de montage et de contrôle de nouvelles routes d’importation et d’exportation créés par les cartels de la drogue pour envahir de manière massive les marchés européens, américains et asiatique, réorganiser les marchés locaux de redistribution des stupéfiants, enraciner les gangs locaux, infiltrer l’appareil d’Etat en y construisant des réseaux de protection insoupçonnés et en organisant de manière méthodique des circuits de blanchiment grâce à la complicité de certaines banques et de certains agents chargés de la répression.
Ce travail de pénétration des cartels de la drogue dans notre pays ne peut se faire sans des complicités de haut niveau dans les sphères de la défense et de la sécurité nationale. Cette situation rappelle dangereusement les exemples dramatiques de la Guinée Bissau et de la Guinée Conakry devenus pratiquement des narco-Etats.
Les narco trafiquants et leurs complices ont pour ambition essentielle la main mise sur l’appareil d’Etat des pays du tiers monde. La mal gouvernance, l’impunité, la corruption économique et politique, la recherche effrénée de l’argent et du pouvoir qui caractérisent les dirigeants actuels de notre pays constituent aujourd’hui les causes essentielles de la pénétration du narco trafic.
Mais Il y’a aussi et surtout l’absence d’une réelle volonté politique de l’Etat, sa faiblesse structurelle et organique dans la lutte contre le crime organisé, la connexion de plus en plus ouverte entre certains éléments de l’Etat qui ont pour mission de garantir la conscience morale de la nation contre la corruption avec les criminels de tout acabit, le règne de l’impunité et de l’irresponsabilité, la dérive de la justice et son instrumentalisation par les seigneurs du crime.
S’y ajoute le phénomène de la mondialisation qui a permis aux différentes mafias de rehausser leur niveau de préparation dans les opérations financières grâce à la technologie en matière informatique, la libéralisation du commerce mondial, la transmission d’informations par Internet…
Devant cette situation, le Parti SADI :
Demande aux autorités maliennes de rompre le silence qu’elles observent depuis la révélation de cette ténébreuse affaire qui porte un sérieux coup à la réputation et à la crédibilité du Gouvernement du Président Amadou Touré qui s’est toujours accoutumé à la politique de l’Autruche pour marquer son embarras et sa gêne devant les scandales qui se multiplient dans le pays ;
Exige la constitution d’une Commission d’enquête parlementaire pour élucider les zones d’ombre de cette affaire rocambolesque et donner de larges informations à notre peuple qui a besoin de savoir ce qui s’est réellement passé.
Cette commission doit situer les responsabilités de tous ceux qui sont chargés de la défense et la sécurité de notre pays et prendre des mesures à la dimension de la violation de notre territoire, de notre dignité et de notre quiétude. Il ne fait aucun doute que mener une opération de cette envergure et près d’une localité où se trouve un important cantonnement de la Gendarmerie Nationale, les trafiquants ont bénéficié de complicités.
Appelle le Gouvernement à engager une réflexion profonde pour définir une stratégie claire au plan national dans la lutte contre le narcotrafic afin de préserver et garantir une vie saine et un avenir meilleur à notre jeunesse qui aura pour mission de conduire les destinées de notre pays.
Bamako le 25 novembre 2009 Le Bureau National
Le Secrétaire à la Communication
Nouhoum Keita
27 Novembre 2009.
Affichage des articles dont le libellé est Françafrique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Françafrique. Afficher tous les articles
11 décembre 2009
17 octobre 2009
Les racines féodale et Françafricaine de la bourgeoisie semi-coloniale africaine

Ferñent / M.T.P-S
Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains-Sénégal
« Union libre des peuples libres d’Afrique. Solidarité internationaliste des travailleurs »
Téléphone 77.371.97.49. Email : fernentmtps@yahoo.fr
Beaucoup s’étonnent de la tendance actuelle à la monarchisation des pouvoirs africains. Les fils Eyadéma, Bongo, Khadafi, Wade illustrent cette tendance à la préservation du pouvoir au sein d’une famille non plus seulement politique mais biologique. Il s’agit ici d’un greffe féodale, celle de l’ancien régime Africain d’avant la colonisation, sur le nouveau régime semi-colonial Françafricain issu du régime colonial lui même. Les bourgeoisies semi-coloniales Africaines ont lié leur sort à la domination impérialiste et donc de dictatures militaires et civiles des années 60/70/80, elles vont s’intégrer et s’adapter à la nouvelle restructuration multipartiste impulsée à la fin des années 80 suite aux « conférences nationales ». La particularité de cette ère multipartiste réside dans le fait qu’elle a été la conséquence politique du triomphe de la pensée unique libérale, celle des plans d’ajustement structurel, celle de la dévaluation des monnaies nationales, notamment du franc cfa et des privatisations qui se poursuivent encore aujourd’hui du patrimoine économique national. Un des graves effets du triomphe du libéralisme a été la grave dépolitisation d’une partie de la jeunesse africaine universitaire, individualisée, affairiste et dépouillée de tous sentiments patriotiques, dont les fils Eyadéma, Bongo, Wade sont les purs produits caricaturaux. Il n’échappera pas ainsi à l’observateur attentif que la monarchisation Wadiste en cours est consécutive à la fois de ce bradage des biens nationaux et de celui en cours des terres urbaines et rurales. S’approprier le pays en se donnant le droit de vendre les terres est une caractéristique de la bourgeoisie Françafricaine dont la base sociale est à la fois féodale, ethnique ou religieuse et capitaliste. Il existe même une alliance panafricaine de cette bourgeoisie aux contours idéologiques et économiques Françafricains qui se soutiennent mutuellement. C’est le cas selon certaines sources entre les fils Eyadéma, Bongo et Wade, etc,. L’impérialisme Français a manifestement choisi d’intégrer ce panafricanisme féodalo-bourgeois monarchisant dans sa stratégie de préservation du pré-carré Françafricain complément du dispositif qui consiste à intervenir militairement pour imposer ses proconsuls comme au Tchad ou à organiser des putschs électoraux comme au Niger (AREVA) et au Gabon (Total). L’expérience ratée d’une succession politique Françafricaine à l’Ivoirienne qui a conduit à la séparation de fait du pays en zones contrôlées par le pouvoir issu des urnes et par les ‘rebelles’ avec à la clef l’intervention militaire Française contre le pouvoir légal est certainement un facteur explicatif de l’évolution vers la monarchisation Françafricaine en cours. C’est là un nouvel arsenal de l’impérialisme Français pour préserver sa sphère de domination semi-coloniale en Afrique.
Par DIAGNE Fodé Roland, membre de Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains – Sénégal
5 septembre 2009
Gabon: Communiqué du NPA
Mascarade électorale au Gabon.
Après moult tergiversations et retards, Ali Bongo, le fils du dictateur défunt, a été déclaré élu président de la république par la commission électorale nationale.
La présence renforcée de l'armée dans les rues de Libreville ces derniers jours et la répression violente des partisans d'autres candidats avant l'annonce même des résultats laissaient deviner le résultat final.
De nombreux témoignages font état de très nombreuses irrégularités et falsifications conduisant à remettre en question la validité des résultats.
La réaction indignée, les protestations et manifestations de nombreux gabonais témoignent d'une lassitude et d'un rejet vis-à-vis d'un clan politique symbole de la Françafrique.
N'oublions pas qu'une plainte déposée en France sur « les biens mal acquis » concerne également Ali Bongo.
Et de fait, malgré les dénégations du gouvernement français, le fils d'Omar Bongo a bien été soutenu en sous-main par le gouvernement Fillon, sans doute au nom des intérêts économiques profonds qui font du Gabon un réservoir de ressources naturelles et de profits pour les entreprises françaises, en premier lieu Total.
Pour le NPA, l'élection qui vient de se dérouler n'est qu'une mascarade électorale. C'est pourquoi, il soutient les mobilisations des gabonais contre un coup d'état électoral qui a confisqué les aspirations à choix démocratique après 40 ans de dictature d'Omar Bongo.
Le 4 septembre 2009.
Après moult tergiversations et retards, Ali Bongo, le fils du dictateur défunt, a été déclaré élu président de la république par la commission électorale nationale.
La présence renforcée de l'armée dans les rues de Libreville ces derniers jours et la répression violente des partisans d'autres candidats avant l'annonce même des résultats laissaient deviner le résultat final.
De nombreux témoignages font état de très nombreuses irrégularités et falsifications conduisant à remettre en question la validité des résultats.
La réaction indignée, les protestations et manifestations de nombreux gabonais témoignent d'une lassitude et d'un rejet vis-à-vis d'un clan politique symbole de la Françafrique.
N'oublions pas qu'une plainte déposée en France sur « les biens mal acquis » concerne également Ali Bongo.
Et de fait, malgré les dénégations du gouvernement français, le fils d'Omar Bongo a bien été soutenu en sous-main par le gouvernement Fillon, sans doute au nom des intérêts économiques profonds qui font du Gabon un réservoir de ressources naturelles et de profits pour les entreprises françaises, en premier lieu Total.
Pour le NPA, l'élection qui vient de se dérouler n'est qu'une mascarade électorale. C'est pourquoi, il soutient les mobilisations des gabonais contre un coup d'état électoral qui a confisqué les aspirations à choix démocratique après 40 ans de dictature d'Omar Bongo.
Le 4 septembre 2009.
26 juillet 2009
Le nouveau parti anticapitaliste dénonce les fraudes électorales et réaffirme sa solidarité avec les démocrates mauritaniens

Communiqué du Nouveau Parti Anticapitaliste
Contre les fraudes électorales en Mauritanie
Le Nouveau Parti Anticapitaliste dénonce les fraudes électorales qui ont dominé l'élection présidentielle en Mauritanie. Après avoir fomenté un coup d'état militaire pour s'emparer du pouvoir, l'ex-général Aziz a procédé à un coup d'état électoral (fausses cartes d'identité, achat de votes, noms effacés sur les listes électorales ...).
La faible présence d'observateurs internationaux va permettre à l'ex-général Aziz de donner un semblant de légitimité à des élections qui lui avaient été imposées par la mobilisation populaire.
Le NPA se tient aux côtés des démocrates mauritaniens et tient à alerter l'opinion sur les dangers de répression qui risque de s'abattre sur ce pays.
Le 21 juillet 2009.
21 juillet 2009
Elections présidentielles du 12 juillet 2009 au Congo-Brazzaville : Réélection encore contestée de Denis Sassou Ngesso
D’après la version officielle, Denis Sassou Ngesso, candidat à sa propre succession, a remporté les élections présidentielles tenues le 12 juillet 2009 avec plus de 78,61 % des voix et un taux de participation de 66,42%. Cependant certains observateurs comme l’OCDH (Observatoire Congolais des Droits de l’Homme) ont noté une très faible participation .
Le collectif « Elections Afrique » dans lequel le groupe de travail Afrique du NPA participe dénonçait dès le mois de mai 2009 la mascarade électorale en marche, insistant sur le fait que les conditions pour la tenue d’une élection transparente n’étaient pas réunies : « .[…] Dans l’environnement institutionnel actuel, quel que soit le candidat de l’opposition en face de lui, quelle que soit la situation qui prévaudra au moment de l’élection, Denis Sassou Nguesso, candidat encore non-officiel à sa propre succession, devrait largement sortir vainqueur. »
Le Congo est un cas d’école de la Françafrique . Riche en pétrole, diamants, or, bois, potasse, ce pays de seulement 3.894.000 hab. pour une superficie de 342.000 km² devrait être en mesure d’offrir à toute la population congolaise des conditions de vie parmi les meilleures du continent africain. Or loin de là, l’espérance de vie au Congo est seulement de 53,7 ans et l’IDH ( Indice de Développement humain) est de 0, 619 ( le Congo est classé 130ème /179 pays). De plus, 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté tandis que la dette extérieure atteint 6,1 milliards de dollars en 2009. Pourtant la richesse personnelle de Denis Sassou Ngesso est estimée à plus de 700 millions de dollars . Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat militaire en 1979, DSN perd les seules élections démocratiques organisées en 1992, arrivant seulement 3ème avec 17% des voix. Le nouveau président du Congo Pascal Lissouba de l’UPADS (Union Panafricaine pour la Démocratie sociale), décide d’augmenter de 17% à 33% la part du Congo dans la répartition des recettes pétrolières. Denis Sassou Ngesso est alors appelé à la rescousse en 1997 par les réseaux françafricains et revient au pouvoir grâce à une guerre civile qu’il déclenche lui-même, soutenu par des mercenaires de plusieurs pays ( Tchad, Angola, France…) et par Elf.
Le soutien indéfectible de la France aux dictateurs africains de tout bord (Omar Bongo au Gabon , Idriss Déby au Tchad, Paul Biya au Cameroun, Denis Sassou Ngesso au Congo) n’a pas changé d’un iota avec l’arrivée de Sarkozy. Ces défenseurs des intérêts de la France en Afrique sont même plutôt bichonnés par le nouveau président français qui n’hésite pas à rendre une visite officielle à certains d’entre eux . Jean-Marie Bockel déclarait vouloir « signer l’acte de décès de la Françafrique » mais le choix du président Sarkozy de l’enlever du secrétariat d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie après une intervention de Bongo , la sortie récente du placard de certains personnages de la Françafrique notamment Robert Bourgi - le nouveau « Monsieur Afrique » et héritier déclaré de Focart- nous en disent long sur l’avenir de la Françafrique.
La France doit clarifier son rôle en Afrique et refuser tout soutien aux dictateurs. Le NPA ( Nouveau Parti Anticapitaliste) est du côté des peuples d’Afrique qui ont droit aux élections libres et transparentes et qui doivent profiter en premier des ressources dont regorge le sous-sol africain.
Groupe de Travail Afrique du NPA
Le collectif « Elections Afrique » dans lequel le groupe de travail Afrique du NPA participe dénonçait dès le mois de mai 2009 la mascarade électorale en marche, insistant sur le fait que les conditions pour la tenue d’une élection transparente n’étaient pas réunies : « .[…] Dans l’environnement institutionnel actuel, quel que soit le candidat de l’opposition en face de lui, quelle que soit la situation qui prévaudra au moment de l’élection, Denis Sassou Nguesso, candidat encore non-officiel à sa propre succession, devrait largement sortir vainqueur. »
Le Congo est un cas d’école de la Françafrique . Riche en pétrole, diamants, or, bois, potasse, ce pays de seulement 3.894.000 hab. pour une superficie de 342.000 km² devrait être en mesure d’offrir à toute la population congolaise des conditions de vie parmi les meilleures du continent africain. Or loin de là, l’espérance de vie au Congo est seulement de 53,7 ans et l’IDH ( Indice de Développement humain) est de 0, 619 ( le Congo est classé 130ème /179 pays). De plus, 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté tandis que la dette extérieure atteint 6,1 milliards de dollars en 2009. Pourtant la richesse personnelle de Denis Sassou Ngesso est estimée à plus de 700 millions de dollars . Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat militaire en 1979, DSN perd les seules élections démocratiques organisées en 1992, arrivant seulement 3ème avec 17% des voix. Le nouveau président du Congo Pascal Lissouba de l’UPADS (Union Panafricaine pour la Démocratie sociale), décide d’augmenter de 17% à 33% la part du Congo dans la répartition des recettes pétrolières. Denis Sassou Ngesso est alors appelé à la rescousse en 1997 par les réseaux françafricains et revient au pouvoir grâce à une guerre civile qu’il déclenche lui-même, soutenu par des mercenaires de plusieurs pays ( Tchad, Angola, France…) et par Elf.
Le soutien indéfectible de la France aux dictateurs africains de tout bord (Omar Bongo au Gabon , Idriss Déby au Tchad, Paul Biya au Cameroun, Denis Sassou Ngesso au Congo) n’a pas changé d’un iota avec l’arrivée de Sarkozy. Ces défenseurs des intérêts de la France en Afrique sont même plutôt bichonnés par le nouveau président français qui n’hésite pas à rendre une visite officielle à certains d’entre eux . Jean-Marie Bockel déclarait vouloir « signer l’acte de décès de la Françafrique » mais le choix du président Sarkozy de l’enlever du secrétariat d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie après une intervention de Bongo , la sortie récente du placard de certains personnages de la Françafrique notamment Robert Bourgi - le nouveau « Monsieur Afrique » et héritier déclaré de Focart- nous en disent long sur l’avenir de la Françafrique.
La France doit clarifier son rôle en Afrique et refuser tout soutien aux dictateurs. Le NPA ( Nouveau Parti Anticapitaliste) est du côté des peuples d’Afrique qui ont droit aux élections libres et transparentes et qui doivent profiter en premier des ressources dont regorge le sous-sol africain.
Groupe de Travail Afrique du NPA
28 juin 2009
Déclaration du NPA sur la situation en Mauritanie.
Le NPA soutient la lutte du peuple mauritanien pour la défense de la démocratie, et la lutte contre le coup d’état du Général Aziz qui a déposé le Président de la république librement élu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.
Ce combat, mené à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de la Mauritanie, met de plus en plus en difficulté ce pouvoir illégitime.
Force est de constater, une nouvelle fois, que le gouvernement français, après avoir formellement dénoncé le coup d’état, se range aux cotés de la junte :
· Par les déclarations de Nicolas Sarkozy le 27 mars 2009, lors de son déplacement à Niamey au Niger, qui affirme qu’aucune protestation n’a eu lieu contre le coup d’état, et ceci en contradiction flagrante avec les mobilisations quotidiennes qui se déroulent.
· Par le refus de prendre des sanctions individuelles contre les membres de la junte.
· Par le rôle, de plus en plus important, des officines officielles et officieuses du néocolonialisme français auprès du général Mohamed Ould Abdel Aziz.
Plus que jamais notre Parti dénonce la complicité du gouvernement français n’hésitant pas à pactiser avec un fossoyeur de la démocratie en Afrique au nom de la sécurité et de la stabilité de la région.
Nous soutenons l’action militante de Abdoullah Ould El Mounir et Omar Ould Dedde Ould Hammady, membres de la coalition anti-putsch « for Mauritania », qui ont entrepris de se rendre en Mauritanie alors que le pouvoir accentue sa répression, comme l’atteste l’emprisonnement récent de Hannefi Ould Dehah, journaliste et directeur du site web d’information Taqadoumy.
Nous appelons l’ensemble des organisations ouvrières et démocratiques à entourer de leur solidarité active ces deux militants de la démocratie en Mauritanie.
Groupe de travail Afrique du NPA
Ce combat, mené à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de la Mauritanie, met de plus en plus en difficulté ce pouvoir illégitime.
Force est de constater, une nouvelle fois, que le gouvernement français, après avoir formellement dénoncé le coup d’état, se range aux cotés de la junte :
· Par les déclarations de Nicolas Sarkozy le 27 mars 2009, lors de son déplacement à Niamey au Niger, qui affirme qu’aucune protestation n’a eu lieu contre le coup d’état, et ceci en contradiction flagrante avec les mobilisations quotidiennes qui se déroulent.
· Par le refus de prendre des sanctions individuelles contre les membres de la junte.
· Par le rôle, de plus en plus important, des officines officielles et officieuses du néocolonialisme français auprès du général Mohamed Ould Abdel Aziz.
Plus que jamais notre Parti dénonce la complicité du gouvernement français n’hésitant pas à pactiser avec un fossoyeur de la démocratie en Afrique au nom de la sécurité et de la stabilité de la région.
Nous soutenons l’action militante de Abdoullah Ould El Mounir et Omar Ould Dedde Ould Hammady, membres de la coalition anti-putsch « for Mauritania », qui ont entrepris de se rendre en Mauritanie alors que le pouvoir accentue sa répression, comme l’atteste l’emprisonnement récent de Hannefi Ould Dehah, journaliste et directeur du site web d’information Taqadoumy.
Nous appelons l’ensemble des organisations ouvrières et démocratiques à entourer de leur solidarité active ces deux militants de la démocratie en Mauritanie.
Groupe de travail Afrique du NPA
10 mai 2009
Double discours
« La France, économiquement, n'a pas besoin de l'Afrique »,
Nicolas Sarkozy, ministre du budget et candidat présidentiel, Cotonou, mai 2006.
« L'Afrique est toujours et doit rester une priorité pour la France »,Nicolas Sarkozy, président-VRP, Brazzaville, mars 2009.
La joie de Joyandet au Cameroun
Paul Eric Kingué, maire RPT (parti au pouvoir) de la commune de Njombe Penja (Cameroun) avait écrit au président Biya en mars 2008 pour se plaindre que les entreprises françaises ne s’acquittaient pas des taxes dues pour l’exploitation des bananeraies, où les travailleurs sont par ailleurs maintenus dans une situation de quasi-esclavage. François Armel, directeur général du groupe PHP avait juré d’avoir sa tête : il l’a eu, et après un montage grossier, le maire de Njombe Penja a été jeté en prison. C’est son successeur qui a accueilli Alain Joyandet, le secrétaire d’Etat français à la coopération et à la francophonie en visite au Cameroun en mars dernier. Il s’est dit très satisfait des entreprises françaises. D’ailleurs Joyandet a pu constater lui-même que tout allait bien : « les dirigeants de cette entreprise ne m'ont pas fait de doléances particulières », et il a vu les salariés « avec de la joie dans les yeux. »
(quotidienmutations.info, 13 mars 2009)
Soupçons de collusion française.
Au plus fort de la crise malgache (cf. p. 10) , la France a hébergé Rajoelina à son ambassade. Il a fallu trois jours, après les condamnations unanimes du coup d’Etat de l’Union africaine, de la SADC (groupement des pays d’Afrique australe), et de l’Union européenne, pour que la France qualifie la prise de pouvoir de « coup d’Etat ». Même si elle proclame son impartialité, cela n’a pas empêché son ambassadeur, nouvellement nommé, de faire « une visite de courtoisie » à Rajoelina avant sa cérémonie d’installation au pouvoir en lui assurant que la coopération économique serait maintenue. Soutien de taille quand on sait que la France est le premier bailleur du pays. Cela tranche avec les Etats-Unis et la Norvège qui ont suspendu leur aide économique. La France n’est visiblement pas chagrinée de ce coup d’Etat. L’a-t-elle encouragé ? En 2002, les autorités françaises avait tardé à reconnaître la chute de « leur » dictateur, Ratsiraka, et l’élection démocratique de Ravalomanana, imposé par la population au terme de plusieurs mois de mobilisation. En représailles, la France avait perdu des parts de marché et des investissements, au profit d’autres pays (USA, Canada, Afrique du Sud, Chine) et du groupe de Ravalomanana lui-même, même si certains groupes français comme Colas (construction de routes) avaient bien tiré leur épingle du jeu. Il avait fallu toute l’insistance de Sarkozy pour permettre à Total d’obtenir 60% de l’important gisement de pétrole lourd de Bemolanga, mais à des conditions qui n’étaient visiblement pas celles qu’espérait la multinationale. Par ailleurs, Rajoelina s’est appuyé sur le clan déchu de l’ex-dictateur Ratsiraka, exilé en France, notamment sur le neveu de ce dernier, et sur son ex-chef d’Etat-major. Autant d’éléments qui, s’ils ne permettent pas d’affirmer catégoriquement que la France a joué un rôle en sous-main, militent pour que des enquêtes complémentaires soient menées…
Business françafricain, as usual...
Nicolas Sarkozy a effectué les 26 et 27 mars son troisième voyage officiel en Afrique. Le président français s’est cette fois rendu en République démocratique du Congo (RDC), au Congo (Brazzaville) et au Niger, avec quelques représentants de multinationales dans ses bagages (Areva, Bolloré, Vinci, CFAO...), plus quelques personnalités officielles et officieuses. Une nouvelle occasion de vérifier que le cocktail nauséabond « intérêts économiques français - diplomatie parallèle - soutien aux dictateurs - mépris des populations africaines » est toujours d’actualité.
C’est la RDC qui constituait l’étape la plus sensible du voyage présidentiel. Nicolas Sarkozy avait provoqué un tollé quelques semaines plus tôt par ses propositions de « partage de l’espace et des richesses » d’un pays « à la superficie immense, avec une organisation étrange des richesses frontalières ». La région du Kivu, et ses immenses richesses minières, paraît en effet au centre de l’arrangement diplomatique voulu par la France et le Rwanda. Aucun autre pays n’avait toutefois suivi le ballon d'essai français. Les américains défendaient déjà pour leur part la mise en place d’un marché commun entre la RDC et ses voisins, permettant aux pays frontaliers de continuer à exploiter le sous-sol congolais, mais de manière légale (plan Cohen). A Kinshasa, Sarkozy s’est donc livré à un exercice de rétro-pédalage : aucun autre pays que la France n’avait défendu « la souveraineté inaliénable du Congo (…) avec autant d’ardeur », affirmait-il. Le président français a néanmoins prôné des relations avec les voisins de l’Est établies « sur des bases radicalement nouvelles » pour « pour structurer des filières agricoles, commerciales, industrielles ». En clair, l’économie de guerre, dont profite certaines entreprises comme Bolloré, n’est plus suffisante pour l’approvisionnement en minerais des multinationales occidentales et l’on souhaite sécuriser suffisamment la région pour permettre des investissements lourds.
Le président-VRP est par ailleurs reparti avec son filet à provision bien garni : implantation prévue pour France télécom, réhabilitation de la piste de l’aéroport de Kinshasa pour Vinci, réhabilitation des turbines de la centrale d’Inga II pour Alstom, et quelques cadeaux pour Suez, Véolia ou Lafarge. Mais le jack pot, c’est la signature par Areva d’un « mémo d’intention » qui prévoit la mainmise exclusive de la multinationale française sur la prospection et l’exploitation de l’uranium dans la totalité du pays. Cette signature a été rendue possible par l’activité diplomatique parallèle de certaines personnalités, notamment le député UMP des Hauts-de-Seine (ex-fief de Pasqua) Patrick Balkany, l’omnipotent industriel belge (mais consul de France à Lubumbashi) Georges Forrest, et Fabien Singaye, ancien agent du régime Habyarimana, proche de Paul Barril, et reconverti comme « conseiller spécial » du dictateur centrafricain Bozizé, chez lequel il avait déjà joué les entremetteurs pour Areva. Un concentré de Françafrique !
Sarkozy s’est ensuite rendu à Brazzaville, pour remercier son grand ami Denis Sassou Nguesso d’avoir attribué la gestion du port de Pointe-Noire à Bolloré. Histoire de ne pas venir les mains vides au mariage, l’Agence Française de Développement (AFD) a annoncé une dot de 29 millions d’euros sous la forme d’un prêt de 15 ans pour participer à la réhabilitation dudit port. Il s’agissait aussi pour Sarkzoy d’apporter sa bénédiction à la prochaine mascarade électorale. « La France n’a pas de candidat », a juré Sarkozy, qui, pour prouver sa bonne fois, a accepté de rencontrer certaines personnalités de l’opposition. Mais la diplomatie française a « oublié » de parler au président congolais des incendies à répétition qui frappent ces derniers temps opposants et journalistes trop curieux. Sarkozy a aussi plaidé pour la tenue d’élections « régulières et transparentes » : une plaisanterie de mauvais goût en l’absence de commission électorale indépendante et pluraliste. Il a même déclaré sans rire devant le boucher de Brazzaville que la démocratie et les droits de l’Homme faisaient partie de leur « héritage commun ».
Dernière étape : Niamey, où Sarkozy a vanté une autre « démocratie vivante ». Il est vrai que Mamadou Tandja, qui aurait « redonné à la démocratie ses lettres de noblesse » n’entend pas, à la différence de ses homologues françafricains, modifier la Constitution pour s’octroyer un troisième mandat. Il souhaite juste répondre à l’aspiration « du peuple et de l’Assemblée nationale » qui ont spontanément demandé une prolongation de son mandat de 3 ans (pour commencer ?) « pour des raisons de stabilité et pour compléter ce qu’il a démarré »... Ici aussi la visite présidentielle française était une contrepartie des douceurs consenties aux intérêts économiques français. Areva avait en effet récemment récupéré l’exploitation de la réserve géante d’uranium d’Imuraren dans le Nord du pays. Un enjeu stratégique à l’heure où cette multinationale (à capitaux encore partiellement publics) est engagée dans une course folle pour fourguer toujours plus de centrales... et leur combustible. Dans le même temps, en France, d’autres sons de cloche se faisaient heureusement entendre, qu’il s’agisse de la plate-forme citoyenne France-Afrique, qui dénonçait une « françafrique décomplexée », ou du réseau Sortir du nucléaire qui tenait une conférence de presse pour dénoncer les ravages sociaux et environnementaux causés par Areva au Niger. Notre camarade Olivier Besancenot y a rappelé la politique coloniale de pillage des richesses de l’Etat français, et notre revendication de « réparation aux peuples autochtones, à l’environnement et au pays ».
C’est la RDC qui constituait l’étape la plus sensible du voyage présidentiel. Nicolas Sarkozy avait provoqué un tollé quelques semaines plus tôt par ses propositions de « partage de l’espace et des richesses » d’un pays « à la superficie immense, avec une organisation étrange des richesses frontalières ». La région du Kivu, et ses immenses richesses minières, paraît en effet au centre de l’arrangement diplomatique voulu par la France et le Rwanda. Aucun autre pays n’avait toutefois suivi le ballon d'essai français. Les américains défendaient déjà pour leur part la mise en place d’un marché commun entre la RDC et ses voisins, permettant aux pays frontaliers de continuer à exploiter le sous-sol congolais, mais de manière légale (plan Cohen). A Kinshasa, Sarkozy s’est donc livré à un exercice de rétro-pédalage : aucun autre pays que la France n’avait défendu « la souveraineté inaliénable du Congo (…) avec autant d’ardeur », affirmait-il. Le président français a néanmoins prôné des relations avec les voisins de l’Est établies « sur des bases radicalement nouvelles » pour « pour structurer des filières agricoles, commerciales, industrielles ». En clair, l’économie de guerre, dont profite certaines entreprises comme Bolloré, n’est plus suffisante pour l’approvisionnement en minerais des multinationales occidentales et l’on souhaite sécuriser suffisamment la région pour permettre des investissements lourds.
Le président-VRP est par ailleurs reparti avec son filet à provision bien garni : implantation prévue pour France télécom, réhabilitation de la piste de l’aéroport de Kinshasa pour Vinci, réhabilitation des turbines de la centrale d’Inga II pour Alstom, et quelques cadeaux pour Suez, Véolia ou Lafarge. Mais le jack pot, c’est la signature par Areva d’un « mémo d’intention » qui prévoit la mainmise exclusive de la multinationale française sur la prospection et l’exploitation de l’uranium dans la totalité du pays. Cette signature a été rendue possible par l’activité diplomatique parallèle de certaines personnalités, notamment le député UMP des Hauts-de-Seine (ex-fief de Pasqua) Patrick Balkany, l’omnipotent industriel belge (mais consul de France à Lubumbashi) Georges Forrest, et Fabien Singaye, ancien agent du régime Habyarimana, proche de Paul Barril, et reconverti comme « conseiller spécial » du dictateur centrafricain Bozizé, chez lequel il avait déjà joué les entremetteurs pour Areva. Un concentré de Françafrique !
Sarkozy s’est ensuite rendu à Brazzaville, pour remercier son grand ami Denis Sassou Nguesso d’avoir attribué la gestion du port de Pointe-Noire à Bolloré. Histoire de ne pas venir les mains vides au mariage, l’Agence Française de Développement (AFD) a annoncé une dot de 29 millions d’euros sous la forme d’un prêt de 15 ans pour participer à la réhabilitation dudit port. Il s’agissait aussi pour Sarkzoy d’apporter sa bénédiction à la prochaine mascarade électorale. « La France n’a pas de candidat », a juré Sarkozy, qui, pour prouver sa bonne fois, a accepté de rencontrer certaines personnalités de l’opposition. Mais la diplomatie française a « oublié » de parler au président congolais des incendies à répétition qui frappent ces derniers temps opposants et journalistes trop curieux. Sarkozy a aussi plaidé pour la tenue d’élections « régulières et transparentes » : une plaisanterie de mauvais goût en l’absence de commission électorale indépendante et pluraliste. Il a même déclaré sans rire devant le boucher de Brazzaville que la démocratie et les droits de l’Homme faisaient partie de leur « héritage commun ».
Dernière étape : Niamey, où Sarkozy a vanté une autre « démocratie vivante ». Il est vrai que Mamadou Tandja, qui aurait « redonné à la démocratie ses lettres de noblesse » n’entend pas, à la différence de ses homologues françafricains, modifier la Constitution pour s’octroyer un troisième mandat. Il souhaite juste répondre à l’aspiration « du peuple et de l’Assemblée nationale » qui ont spontanément demandé une prolongation de son mandat de 3 ans (pour commencer ?) « pour des raisons de stabilité et pour compléter ce qu’il a démarré »... Ici aussi la visite présidentielle française était une contrepartie des douceurs consenties aux intérêts économiques français. Areva avait en effet récemment récupéré l’exploitation de la réserve géante d’uranium d’Imuraren dans le Nord du pays. Un enjeu stratégique à l’heure où cette multinationale (à capitaux encore partiellement publics) est engagée dans une course folle pour fourguer toujours plus de centrales... et leur combustible. Dans le même temps, en France, d’autres sons de cloche se faisaient heureusement entendre, qu’il s’agisse de la plate-forme citoyenne France-Afrique, qui dénonçait une « françafrique décomplexée », ou du réseau Sortir du nucléaire qui tenait une conférence de presse pour dénoncer les ravages sociaux et environnementaux causés par Areva au Niger. Notre camarade Olivier Besancenot y a rappelé la politique coloniale de pillage des richesses de l’Etat français, et notre revendication de « réparation aux peuples autochtones, à l’environnement et au pays ».
Robin Guébois
« Dans l'histoire, il est des massacres utiles... »

Jacques Morel publie « Au secours des assassins ». Cette somme à paraître à L’esprit frappeur/Izuba fait le point sur les responsabilités françaises dans la catastrophe de 1994. Propos recueillis pour « Afriques en lutte » par Joëlle G.
Qu’avez-vous appris après la Commission d’enquête citoyenne (CEC) sur le rôle de l’Etat français dans le génocide de 1994 ?
La commission a d’abord été une occasion de rencontrer les personnes qui enquêtaient sur le génocide. C’est la seule fois que j’ai vu Colette Braeckman. J’ai appris deux choses essentielles.
1) La coopération directe entre les militaires français et les tueurs qui ressortait des reportages vidéos fraîchement ramenés par Georges Kapler pour la CEC. Un témoignage s’est révélé faux, mais le reste a été confirmé. Nous avons appris pire depuis.
2) L’existence de documents d’archives, présentés à la CEC par Medhi Ba qui ne font que confirmer ce que nous pressentions, la complicité française avec les tueurs.
Il semble que l’attentat contre l’avion présidentiel soit le fait de Français. Pourquoi ont-ils éliminé Habyarimana?
Il était jugé, usé et accusé d’avoir tout raté par l’ambassadeur Georges Martres (TD* du 11 mars 1993 publié par la MIP**). « Habyarimana est largement responsable du fiasco actuel », dit Pierre Joxe dans une note à Mitterrand du 26 février 1993.
Les dirigeants français soutiennent la CDR (Coalition pour la défense de la République) qui juge que les Tutsi sont des féodaux chassés en 1959 qui, depuis octobre 1990, tentent de reprendre le pouvoir. Jean-Bosco Barayagwiza et Ferdinand Nahimana, les deux inventeurs de la RTLM***, sont très appréciés tant à l’ambassade à Kigali qu’à l’Elysée. Les dirigeants français n’ont jamais été hostiles à Habyarimana. Leur ennemi, c’est le FPR**** et, comme on le lit dans des archives de l’Elysée dès 1990, les Tutsi. Ils ne supportent pas les accords d’Arusha, le partage des portefeuilles ministériels avec le FPR et surtout la fusion des deux armées. Le départ des troupes françaises le 15 décembre 1993 et l’arrivée des soldats belges est une couleuvre qu’on ne peut pas avaler à Paris. Habyarimana n’est plus la bonne carte. Il faut aider ces Hutu de la CDR qui aiment tant la France et détestent tant le FPR, les Tutsi et les accords de paix. À ce stade, certains se disent qu’ils font de la géopolitique pas de la morale. Si Voulet et Chanoine n’avaient pas tant massacré, Areva n’exploiterait pas l’uranium du Niger. Dans l’Histoire, il est des massacres utiles.
1) La coopération directe entre les militaires français et les tueurs qui ressortait des reportages vidéos fraîchement ramenés par Georges Kapler pour la CEC. Un témoignage s’est révélé faux, mais le reste a été confirmé. Nous avons appris pire depuis.
2) L’existence de documents d’archives, présentés à la CEC par Medhi Ba qui ne font que confirmer ce que nous pressentions, la complicité française avec les tueurs.
Il semble que l’attentat contre l’avion présidentiel soit le fait de Français. Pourquoi ont-ils éliminé Habyarimana?
Il était jugé, usé et accusé d’avoir tout raté par l’ambassadeur Georges Martres (TD* du 11 mars 1993 publié par la MIP**). « Habyarimana est largement responsable du fiasco actuel », dit Pierre Joxe dans une note à Mitterrand du 26 février 1993.
Les dirigeants français soutiennent la CDR (Coalition pour la défense de la République) qui juge que les Tutsi sont des féodaux chassés en 1959 qui, depuis octobre 1990, tentent de reprendre le pouvoir. Jean-Bosco Barayagwiza et Ferdinand Nahimana, les deux inventeurs de la RTLM***, sont très appréciés tant à l’ambassade à Kigali qu’à l’Elysée. Les dirigeants français n’ont jamais été hostiles à Habyarimana. Leur ennemi, c’est le FPR**** et, comme on le lit dans des archives de l’Elysée dès 1990, les Tutsi. Ils ne supportent pas les accords d’Arusha, le partage des portefeuilles ministériels avec le FPR et surtout la fusion des deux armées. Le départ des troupes françaises le 15 décembre 1993 et l’arrivée des soldats belges est une couleuvre qu’on ne peut pas avaler à Paris. Habyarimana n’est plus la bonne carte. Il faut aider ces Hutu de la CDR qui aiment tant la France et détestent tant le FPR, les Tutsi et les accords de paix. À ce stade, certains se disent qu’ils font de la géopolitique pas de la morale. Si Voulet et Chanoine n’avaient pas tant massacré, Areva n’exploiterait pas l’uranium du Niger. Dans l’Histoire, il est des massacres utiles.
L’armée française a appliqué au Rwanda la doctrine de la « guerre révolutionnaire ». Le Rwanda a-t-il servi de test ou n’est-ce qu’un moyen pour contenir l’« ennemi FPR-Ouganda » ?
Si cette doctrine a été appliquée au Rwanda, c’est surtout par les Belges. Par exemple, la notion de groupes d’auto-défense date du début des années 1960. À mon sens, cela ne saurait expliquer tout ce qui s’est passé. Et les Français n’ont pas attendu les colonels Trinquier et Lacheroy pour massacrer (voir Bugeaud, les Kanaks en 1878, la mission Voulet-Chanoine en 1899…) Il y a au Rwanda une idéologie génocidaire qui n’a pas été inventée par les militaires français mais par les missionnaires catholiques et mise en pratique par les Belges.
a) Définition de races tutsi, hutu…; supériorité des Tutsi. Invention de l’histoire de Tutsi (Hamites) venus d’Ethiopie. Ces idées sont inculquées via les écoles, toutes détenues par l’Eglise catholique, les livres et la presse.
b) Marquage ethnique sur des sortes de carte d’identité par les Belges (1931), élimination des chefs tutsi.
c) Devant les velléités d’indépendance de l’élite tutsi, les missionnaires soutiennent les Hutu au nom de la justice, ils inspirent le Manifeste des Bahutu et Mgr Perraudin, début 1959, déclare que les richesses du pays sont détenues par une même race.
La « révolution » de 1959 est organisée par les Belges. Ils soulèvent les Hutu contre leurs « colonisateurs ». En octobre 1990, les massacres de Tutsi reprennent comme en 1959 et une gigantesque rafle est organisée après la fausse attaque de la nuit du 4 au 5 (plus de 10000 arrestations).Ces massacres horrifient les Belges qui retirent leurs troupes envoyées pour protéger leurs ressortissants et soutenir Habyarimana. Grâce à ces massacres, la France prend la place des Belges. Bien sûr des techniques de Trinquier-Lacheroy ont été appliquées. Mais c’est loin d’expliquer tout. Les mentions ethniques que la France n’a pas fait enlever sur les cartes d’identité c’est du Trinquier-Lacheroy? Non c’est du nazisme, du pétainisme, du racisme éradicateur. L’utilisation de la radio pour pousser les gens à tuer, c’est quelque chose de totalement original.
a) Définition de races tutsi, hutu…; supériorité des Tutsi. Invention de l’histoire de Tutsi (Hamites) venus d’Ethiopie. Ces idées sont inculquées via les écoles, toutes détenues par l’Eglise catholique, les livres et la presse.
b) Marquage ethnique sur des sortes de carte d’identité par les Belges (1931), élimination des chefs tutsi.
c) Devant les velléités d’indépendance de l’élite tutsi, les missionnaires soutiennent les Hutu au nom de la justice, ils inspirent le Manifeste des Bahutu et Mgr Perraudin, début 1959, déclare que les richesses du pays sont détenues par une même race.
La « révolution » de 1959 est organisée par les Belges. Ils soulèvent les Hutu contre leurs « colonisateurs ». En octobre 1990, les massacres de Tutsi reprennent comme en 1959 et une gigantesque rafle est organisée après la fausse attaque de la nuit du 4 au 5 (plus de 10000 arrestations).Ces massacres horrifient les Belges qui retirent leurs troupes envoyées pour protéger leurs ressortissants et soutenir Habyarimana. Grâce à ces massacres, la France prend la place des Belges. Bien sûr des techniques de Trinquier-Lacheroy ont été appliquées. Mais c’est loin d’expliquer tout. Les mentions ethniques que la France n’a pas fait enlever sur les cartes d’identité c’est du Trinquier-Lacheroy? Non c’est du nazisme, du pétainisme, du racisme éradicateur. L’utilisation de la radio pour pousser les gens à tuer, c’est quelque chose de totalement original.
Comment expliquer l’hostilité des Français au régime Museveni?
Elle n’est pas fondamentale. Mitterrand n’a pas de sympathie pour lui mais pas d’hostilité. Le prétexte est l’anglophonie. C’est totalement bidon puisque le Rwanda n’a jamais été francophone. Museveni est un mauvais exemple parce qu’il n’a pas demandé l’autorisation à Paris, qui appréciait Idi Amin Dada, pour prendre le pouvoir. Museveni est dangereux parce qu’il est, au moins à l’époque, un bon chef d’Etat. Contrairement à l’Afrique de l’Ouest, la France n’a pas une attitude offensive vis-à-vis des anciennes colonies anglaises (Ouganda, Tanzanie). Elle ne cherche qu’à mettre la main sur les anciennes colonies belges, essentiellement le Congo-Zaïre. Elle ne souhaite que la neutralité des voisins anglophones. Les dirigeants français savent très bien que le conflit est une guerre civile, pas une guerre d’agression étrangère. Mais ils feignent de croire ce que leur dit la DGSE, que c’est la NRA, l’armée ougandaise qui attaque le Rwanda. Il est indubitable que le FPR a des appuis en Ouganda mais c’est un mouvement politico-militaire rwandais.
* Télégramme diplomatique
** Mission d’information parlementaire
*** Radio Télévision Libre des Mille Collines, du Hutu Power
**** Front patriotique rwandais, parti créé par les exilés Tutsi
6 avril 2009
1994-2009: commémorations du génocide au Rwanda
- mardi 7 avril à 15 h : rassemblement place du Trocadéro et marche du Souvenir de la Place Royale jusqu'au Palais de Justice (Place Poelaert). Organisé par Ibuka.
- mardi 7 avril, de 19 h à 23 h : cérémonie du souvenir au 62 rue Marcadet - 18 eme. Organisé par Ibuka. http://www.ibuka.net/index1.html
- jeudi 9 avril à 19 h: discussion sur les complicités françaises à la Maison des Associations 3 rue Perrée - 3 eme. Organisé par Survie Paris. http://survie.org/Complicite-de-la-France-dans-le.html
- samedi11 avril à 14 h : projection-débat autour du thème de la Françafrique, de de Gaulle à Sarkosy, dont "FRANCE-RWANDA 1994 COMPLICITE DE GENOCIDE". Organisé par Survie Paris
15 décembre 2008
Les APE, une politique au service de l’impérialisme européen.
La signature des Accords de Partenariat Economique (APE) devait être une simple formalité. Cet accord est devenu un enjeu politique majeur qui a éclairé, d’une lumière accrue, la politique de l’Union Européenne vis-à-vis des pays pauvres dit ACP (Afrique Caraïbe Pacifique). En effet, la fronde des pays africains refusant d’entériner les mécanismes consécutifs à l’accord de Cotonou révèle les oppositions grandissantes du sud contre la globalisation.
A tel point que Sarkozy a demandé un rapport à la députée de Guyane, Christiane Taubira, pour répondre, notamment, aux questions suivantes :
« Comment dissiper les malentendus et les doutes qui persistent quant aux finalités de la négociation des APE ou Quels peuvent être les leviers dont disposent l’Union européenne pour encourager les ACP à poursuivre les négociations en vue d’APE complets et régionalisés. » .
Si l’accord de Cotonou, comme nous le verrons plus loin, représente bien une véritable rupture dans la façon d’envisager les accords économiques entre l’Union Européenne et les pays pauvres, on ne doit pas pour autant parer les accords antérieurs de vertus qu’ils n’avaient pas, au risque de sous-estimer le rôle qu’ils ont pu jouer dans la politique impérialiste de l’Europe vis-à-vis, notamment, de l’Afrique.
C’est ainsi que des militants alter-mondialistes qui, à la lumière actuelle, perçoivent des éléments positifs dans les accords de Yaoundé :
« Derrière un discours humaniste, solidaire et généreux se profile une Europe, fer de lance de la mondialisation néolibérale, qui impose ses vues à ceux auxquels elle apporte son aide. Cela n’a pas toujours été le cas. En 1963, la signature de la convention de Yaoundé (Cameroun) donne vie au premier accord entre la Communauté économique européenne (CEE) et 18 Etats africains et malgache associés. »
Ou de Lomé I :
« Fondée sur le partenariat et la solidarité, cette convention concerne 46 pays et dispose d’un secrétariat à Bruxelles. »
Nous ne partageons pas cette vision. Pour nous, ces accords ne répondent ni à une dimension de partenariat ou de solidarité, mais essentiellement et avant tout, à une nécessité politique, celle d’un accompagnement économique d’une politique néocolonialiste
Une décolonisation en trompe l’oeil
Adossé au premier traité européen de Rome en 1953, le Fond Européen de Développement est créé par les pays européens qui possèdent encore des colonies sur le continent africain ; c’est le cas de la France et de la Belgique.
Ces colonies vont, dans le début des années 60, recouvrer leur indépendance de manière formelle ; en effet les liens qui en faisaient des colonies vont rester quasiment en l’état. L’attitude de la France est, à cet égard, révélateur tant au niveau économique, avec le maintien du franc CFA, que militaire, avec les innombrables accords de défense permettant, non seulement, le maintien des bases françaises dans un bon nombre de pays africains, mais aussi la possibilité d’interventions militaires, politiques avec un personnel dirigeant acquis à la cause de l’ancienne puissance coloniale. Les constructions d’espace, qu’il soit de francophonie pour la France, ou du Commonwealth pour la Grande-Bretagne, ou les PALOP (Pays Africain de Langue Officiel Portugaise) participent à cette politique néocolonialiste.
C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier l’accord de Yaoundé. Il permettra un système dit de préférence tarifaire non réciproque, cette relation asymétrique autorise donc les pays africains à exporter leur production vers l’Europe en étant exonérés des frais de douane. Si, au premier abord, la mesure peut paraître généreuse, elle l’est beaucoup moins lorsque l’on y regarde de plus près.
Cet accord de Yaoundé, en fait, accompagne économiquement le processus de décolonisation des pays africains en les ancrant au monde occidental. Le but est d’éviter qu’ils glissent vers le camp soviétique ou chinois. Le risque n’était pas minime, comme l’atteste la décolonisation conflictuelle de la Guinée de Sekou Touré en 1959 avec la France, ou celle du Congo de Lumumba qui se rapprochera progressivement de l’Union soviétique.
De plus, cet accord est hautement critiquable car il permet de maintenir la division internationale du travail, initiée lors de la colonisation où l’Afrique est cantonnée à exporter ses matières premières structurant son économie pour répondre aux seuls besoins de l’Europe. Ce continuum de l’économie coloniale empêchera l’Afrique d’impulser un développement économique autonome répondant à ses propres besoins sociaux. A cette même époque, l’Europe, la France en tête, sera une fidèle alliée du Portugal qui tentera de maintenir, au prix de milliers de morts, ses colonies : l’Angola, le Mozambique, les Guinée- Bissau et Equatoriales ainsi que les îles du Cap Vert et Sao Tome et Principe. Des pays comme le Zaïre ou le Gabon seront utilisés dans l’aide des troupes portugaises pour leur guerre coloniale. La politique initiée par les accords de Yaoundé sera poursuivie par le premier accord de Lomé, signé en 1975, suivi de cinq autres d’une période de cinq ans chacun. Deux ans plus tôt le Royaume-Uni rejoint la communauté européenne ; l’accord de Lomé I s’étendra aux pays du Commonwealth et pérennisera les préférences tarifaires non réciproques sur les produits des pays ACP en veillant tout de même à ce que ces productions ne rentrent pas en concurrence avec ceux produit par les pays d’Union Européenne. Quand ce sera le cas, des aménagements auront lieux qui concerneront : la banane, le sucre, le rhum et la viande bovine. La seconde nouveauté des accords Lomé I sera la mise en place du système nommé STABEX qui vise à stabiliser les recettes de certaines productions agricoles comme le café, le cacao, le thé, l’arachide contre les variations de prix sur le marché mondial.
Au fil des ans l’Afrique continuera à jouer son rôle de fournisseur des pays européens en matières premières et ainsi l’accord de Lomé II en 1980 étendra le système de stabilité des recettes des produits agricoles à celui des minerais ; ainsi le système dit SYSMIN va permettre à l’Europe un approvisionnement régulier et constant de matières premières nécessaires à son économie, tels le cuivre, le cobalt, la bauxite, l’étain, le phosphate etc.
Si l’accord de Lomé III ne marquera pas les esprits, en revanche celui de Lomé IV -signé en 1980- va jouer un nouveau rôle politique. Il sera un instrument visant à appliquer les diktats des politiques du FMI et de la Banque Mondiale dans un contexte où le paiement des dettes ne peut plus être honoré par les pays pauvres ; ceux-ci se trouvent donc en situation de cessation de paiement. FMI et Banque Mondiale vont leur imposer des mesures drastiques dont l’essentiel sera supporté par les populations. Ces mesures, appelées politique d’ajustement structurelle, visent à diminuer les dépenses de l’état, y compris dans les secteurs comme la santé, l’éducation, les investissements d’infrastructures, à stopper les subventions pour les produits de première nécessité, à privatiser les entreprises nationales, à déréguler le commerce, à interdire les aides à l’agriculture, etc. L’accord de Lomé IV sera le garant de l’application effective de ces dispositions. Pour faire bonne mesure, l’accord de Lomé IV conditionnera l’aide économique au respect des droits humains. Le dernier accord -qui s’appellera curieusement Lomé IV bis- amorcera l’idée que l’Afrique doit s’insérer dans l’économie mondiale et préparera ainsi l’accord de Cotonou. Si, Lomé IV bis précise que l’absence du respect des droits humains peut entraîner une suspension des aides de l’Union Européenne, cette disposition sera appliquée, en vertu d’un principe bien connu des capitales occidentales : la politique à géométrie variable !
Quel bilan de ces accords
Les différents accords de Yaoundé et Lomé I à IV bis ont permis à l’Europe de contrôler les exportations africaines, qu’elles soient agricoles ou minières et de maintenir son emprise politique et économique sur le continent. Tout ce qui est présenté comme aide au développement, mesure de solidarité ou partenariat, aura des conséquences extrêmement néfastes pour les pays africains.
En effet, les accords économiques ont encouragé la mise en place de monocultures d’exportation comme le cacao en Côte d’Ivoire, l’arachide au Sénégal, le coton au Burkina Faso et détruit les cultures vivrières des populations. Ceci a accentué la dépendance des pays africains vis-à-vis du marché mondial, tenu par les traders des pays riches, en dépit des systèmes de stabilisation. Les recettes des exportations agricoles n’ont fait que baisser au cours des années conséquemment à l’accroissement de l’offre du fait de nouveaux arrivant sur les marchés ; par exemple, pour le cacao, l’arachide etc., ou issue d’agriculture mécanisée et surtout largement subventionnée, comme par exemple le coton pour les USA. C’est l’une des explications de la crise qu’a connue la Côte d’Ivoire. Si l’Afrique est dépendante pour ses exportations, elle l’est aussi pour ses importations, notamment au niveau alimentaire et, de ce fait, se retrouve frappée de plein fouet sans aucun amortisseur lors de retournements, qu’ils soient conjoncturels ou structurels, comme c’est le cas actuellement. La situation de crise alimentaire dans ces pays illustre dramatiquement les conséquences des politiques économiques imposées par les pays riches au travers des accords que nous avons évoqués.
Ce triste bilan est illustré par l’évolution des importations de céréales, ici en ration-kg par habitant, en comparaison avec l’Inde. Pour la période de 1961 à 1966, en Afrique on importait 4,5 en Inde 9, pour la période 1969/71 l’Afrique passe à 8,1 et l’Inde à 5,8 et enfin de 1977 à 1979, l’Afrique est à 13,4 et l’Inde parvient à l’équilibre avec un ratio de 0,3.
Cette tendance s’est maintenue de 1995 à 2002 et la totalité des importations agricoles et alimentaires du continent africain augmentaient de 14,1% tandis que les exportations de l’Afrique régressaient à -10,2%.
L’Europe n’a jamais cherché, bien au contraire, à aider au développement d’une industrie de première transformation tant pour les produits agricoles que pour la production minière. Cette absence d’activité, générant une plus-value, interdit tout espoir de décollage économique. La seule exception est l’Afrique du Sud, fruit d’une histoire politique particulière ou la fraction de la bourgeoisie colonialiste s’est littéralement appropriée le pays tout en se désolidarisant du Royaume-Uni et des Pays-Bas, du moins au début. Cela a nécessité de rompre avec une économie de rente au profit d’une économie industrielle et d’une politique agricole centrée sur les besoins du pays.
L’autre critique que l’on puisse faire est que ces accords ont empêché la construction de marchés sous-régionaux en instituant un face-à-face économique entre l’Europe et chaque pays africain avec des termes d’échanges extrêmement défavorables pour ces derniers. La constitution de marchés sous-régionaux aurait développée une offre économique tant agricole qu’industrielle pour répondre aux besoins des populations, ce qui impliquait une diversification agricole. Cette constitution d’un tissu économique s’appuyant, certes sur les exportations, mais également sur les besoins développés par le marché intérieur, aurait réduit ainsi la dépendance et la sensibilité aux variations des marchés mondiaux et aurait assuré la souveraineté alimentaire.
Cette politique de constitution de sous-marchés régionaux ne peut se mettre en place que si elle est accompagnée d’une politique visant à protéger les structures économiques naissantes et donc faibles. Les pays qui ont réussi un décollage économique comme la Corée du sud, l’Indonésie, sans parler de l’Inde ou de la Chine, ont tous menés une politique protectionniste qui leur permet de s’ouvrir progressivement aux marchés au fur et à mesure de la consolidation de leur industrie. C’est ce que précisément ont interdit les deux derniers accords de Lomé IV et IV bis. De plus, leurs injonctions à diminuer les dépenses étatiques ont eu comme conséquence l’absence d’une politique d’investissement dans les équipements : routes, voies ferrées, équipements aéroportuaires ainsi que les structures de stockage et plus généralement de logistique.
La corruption des dirigeants africains, qui de toute évidence n’aide pas les pays à émerger, n’est ni la raison première ni la principale de l’absence de décollage économique de l’Afrique. D’autres pays dont les dirigeants sont tout aussi corrompus (on peut ainsi penser à l’Indonésie) ont réussi là où l’Afrique à échoué et pourtant les détournements de fonds publics indonésiens, par le dictateur Suharto, sont évalués par l’ONG Tranparency internationale, à 35 milliards de dollars.
La situation est telle qu’après plus de vingt ans d’application de ces différents accords, la part de l’Afrique dans le commerce mondial est passée -en un peu moins de 60 ans- de plus de 7% à 3%, alors que, dans le même temps, le volume des échanges a été multiplié par 27 ! L’explication, apportée par l’OMC quant à cette situation, est la détérioration continue des termes des échanges ; c’est presque une autocritique de la part de cette organisation dont les experts n’ont eu de cesse de pousser les pays africains vers la voie de la monoculture d’exportation.
Les exigences de l’OMC en Afrique ont un nom : les accords de Cotonou
Les années 90 resteront marquées par la chute du mur de Berlin et l’offensive ultralibérale sur l’ensemble du monde. En 1994 l’accord de Marrakech est signé et donne naissance à l’OMC (l’Organisation Mondiale du Commerce) qui va jouer le rôle de gardien du temple des différentes dispositions adoptées par le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade). Désormais, aucun pays ne pourra être à l’abri de ce libéralisme débridé ; c’est ainsi que l’OMC a dénoncé les accords de Lomé IV Bis les considérant comme discriminatoires ; en effet, un avantage commercial concédé à un pays membre de l’OMC doit être étendu automatiquement aux autres pays de l’OMC. L’Union européenne, qui se présente volontiers comme l’alliée des pays pauvres, n’a pas mené une seule bataille sur les prétentions de l’OMC alors que son poids économique lui aurait permis de freiner des dispositions extrêmement graves pour les pays dominés, en premier lieu ceux d’Afrique.
C’est ainsi que l’Union Européenne va s’engager dans la structuration de six zones géographiques dites APE (Accord de Partenariat Economique) : une pour les caraïbes, une pour le pacifique et quatre pour l’Afrique déclinées en une zone pour les pays d’Afrique de l’Ouest, une pour l’Afrique de l’Est et la corne, une pour l’Afrique Australe et enfin la dernière pour l’Afrique Centrale. Après avoir découpée l’Afrique lors de la conférence de Berlin en 1835, l’Europe réitère en plaçant les pays africains dans tel ou tel APE sans se soucier des desideratas de ces pays ou des appartenances, déjà existantes, à des structures régionales. Ainsi la République Démocratique du Congo et l’Angola, qui font partie de deux structures régionales, la CEEAC et la SADC l’une étant affectée à l’APE Afrique de l’Est, l’autre à l’APE Afrique Australe, quant à la Mauritanie, qui elle fait partie de l’UMA (l’Union du Maghreb Arabe), elle se retrouve dans l’APE Afrique de l’Ouest avec tous les pays de la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest) alors qu’elle n’a jamais fait partie de cette organisation régionale. La seule justification des experts de la commission européenne sera de dénoncer la « polygamie institutionnelle » de certains pays africains, comme quoi de la Conférence de Berlin à l’Union Européenne, les attitudes racistes sont malheureusement des valeurs constantes !
Ces Accords de Partenariat Economique, issus des accords de Cotonou, ne sont ni plus ni moins que des zones de libre-échange dans lesquelles l’Union Européenne et le groupe de pays sont placés sur un même pied d’égalité. En d’autres termes, la mise en place de cette réciprocité va permettre à l’Europe d’accéder quasiment librement au marché des pays ACP.
Avant de revenir sur quelques grands traits de cette politique, il convient de souligner la façon dont la négociation des accords de Cotonou s’est déroulée.
L’Union Européenne à joué de sa supériorité en terme d’expertise, de disponibilité de connaissance des arcanes des négociations multilatérales commerciales, pour imposer son point de vue, imposant la langue anglaise comme langue des négociations, mettant en difficulté les pays africains dont les langues véhiculaires sont le portugais ou le français (notons que la France, d’habitude si sourcilleuse dans sa défense de la francophonie, n’a émis aucune réserve). Imposant aussi son rythme aux négociations en remettant les documents de travail au dernier moment et exigeant des représentants des pays africains des réponses rapides. Par contre, la Commission européenne s’est refusée à entreprendre toutes études prospectives exhaustives, ce qui aurait permis aux négociateurs des pays ACP de mieux faire entendre leurs exigences. Les quelques études qui ont été produites par des centres de recherche indépendant ou par des ONG ont toutes indiqué, à des degrés divers, les conséquences désastreuses des APE pour l’économie et le niveau social des populations. L’Europe a préféré écarter ces études, les jugeant trop partiales. Si l’arrogance et la supériorité ostentatoire de l’Europe se sont fait sentir dans les formes revêtues pour ces négociations, elles sont encore plus manifestes sur le fond.
L’accord de Cotonou balaie toute asymétrie dans les dispositions contractuelles qui existaient dans les accords économiques entre l’Europe et l’Afrique.
On peut distinguer quatre conséquences majeures.
Première conséquence, au titre de la réciprocité l’Europe pourra accéder aux marchés ACP en bénéficiant d’exonérations des taxes douanières. D’après les estimations de la Banque Mondiale, le manque à gagner pour les pays africains varie entre 10 et 20% des recettes totales de l’état, avec des pointes, pour certains pays, tout à fait alarmantes comme pour le Ghana, le Cap Vert, la Gambie . A Wade, le président de la république du Sénégal, l’estime pour son pays à 35 %. .
Au-delà des chiffres le démantèlement tarifaire, pour les pays africains, est particulièrement préoccupant car, pour la plupart des pays, les autres impôts sont soit faibles, soit inexistants ; la suppression des tarifs douaniers obligerait à une mise en place de TVA, difficilement supportable pour la grande majorité des populations et particulièrement onéreuse dans sa gestion. La commission européenne n’a cure de ces arguments et, en bonne dogmatique libérale, salue le désarmement tarifaire douanier qui permettra de freiner le renchérissement du coût du capital. Comme si c’était le principal obstacle au développement économique pour les pays africains.
Quant à l’agriculture, deux cas peuvent être distingué, le premier celui de l’agriculture d’exportation mise en place lors de la colonisation et pérennisée ensuite par les grandes structures financières FMI et Banque Mondiale. Cette politique devait rapporter aux pays africains les devises leur permettant un développement économique, mais voilà, les principales productions agricoles d’exportation : sucre, cacao, café, coton, etc… ont chuté entre 30 et 60% en dollars courants. Dans le rapport de l’Assemblée Nationale sur les APE, l’exemple de l’huile de palme, produite par le Cameroun, est parlant ; son coût est de 545 dollars la tonne alors que, sur les marchés internationaux, la tonne s’échange à 472 dollars ! Cette différence de prix s’explique par la vétusté du matériel, les problèmes d’irrigation, de logistique etc. Cette culture est donc subventionnée par le gouvernement camerounais qui utilise une partie des revenus des droits de douanes, mais ces derniers sont amenés à disparaître avec les accords APE.
Deuxièmement concernant l’agriculture vivrière. Elle a été largement malmenée, pour ne pas dire laminée par les interdictions des organismes financiers internationaux à subventionner cette activité, pourtant décisive, pour la sécurité alimentaire de millions de personnes.
Avec les APE, l’Europe pourra exporter des produits vers les pays africains sans payer les droits de douane, ces exportations européennes ne manqueront pas de ruiner les producteurs locaux, d’autant plus que les produits agricoles et d’élevage de l’Union Européenne sont largement subventionnés, ce qui n’est pas le cas de l’Afrique, comme nous l’avons vu pour l’agriculture vivrière.
A titre d’exemple, l’ANOPACI (Association Nationale des Organisations Professionnelles Agricoles de la Côte d’Ivoire) indiquait que le coût de production moyen d’un poulet de chair était de l’ordre de 1150 à 1200 CFA, soit un peu moins de deux euros, quand le poulet congelé venu d’Europe coûte moins d’un euro ! C’est ainsi que des pans entiers de la filière avicoles se sont retrouvés ruinés, sans compter les risques sanitaires provoqués par des ruptures de la chaîne du froid.
Troisièmement conséquence, la question de l’industrie. Comme pour le secteur agricole, les principales activités industrielles sont moins compétitives pour des raisons de dimensionnement des unités de production, d’obsolescence des machines, de déficience des infrastructures de transport, des coupures importantes et nombreuses de l’eau, de l’électricité. Mais ces industries représentent un formidable avantage pour la population car elles sont un pôle de stabilité d’emplois, permettant une certaine couverture sociale, même très loin des prestations nécessaires à un bien être social. Le risque est que l’Europe, avec les APE, accentue sa prédominance sur le marché africain et provoque une désindustrialisation qui ne ferait que pousser la population dans le secteur informel, synonyme d’absence de droits, synonyme de précarité, de surexploitation allant jusqu’au travail forcé. Il a été estimé, par l’ONG britannique Traidcraft, que 78% des actifs exerçaient un emploi salarié au Kenya et que, suite aux politiques brutales de libéralisation à outrance, la tendance s’est inversée aboutissant en 2000 à ce que 70% de la population active travaille dans l’informel.
Enfin, dernière conséquence et pas des moindres, la déstructuration des marchés sous-régionaux. Nous avons évoqué plus haut que la commission européenne avait fait fi de l’intégration de certains pays dans des communautés économiques régionales. Dans le même temps, la Commission européenne tente de bousculer les délais internes des différentes communautés économiques régionales pour qu’elles adoptent une politique d’union douanière qui favoriserait la dynamique des APE alors que ces pays ne sont pas encore prêts.
Notons que dans une même APE coexistent deux types de pays pauvres : les PMA et les non PMA. Ces Pays Moins Avancés bénéficient d’un traitement particulier dans leur relation commerciale avec l’Europe, ce qui les pousse à ne pas signer ces APE, créant une situation de juxtaposition de deux régimes douaniers, peu propices à la construction de marché sous-régionaux.
La commission européenne a décliné dans les pays ACP les diktats de l’OMC, mais elle a tenté d’aller encore plus loin en essayant de leur imposer la libéralisation des « matières de Singapour », c’est-à-dire la libéralisation des investissements et des marchés publics. Les responsables européens utilisent les règles de l’OMC pour accentuer le pillage des pays pauvres. Malgré le chantage et devant la résistance de beaucoup de pays africains, seule une vingtaine de pays ACP ont signé des Accords dit Intermédiaires qui ne portent que sur le volet marchandise.
La question des APE est donc toujours à l’ordre du jour. Elles devront être parties intégrantes de nos luttes à l’heure où les pays pauvres, victimes des politiques de libéralisation imposées par les tenants du capitalisme, ont été frappés par une crise alimentaire d’une ampleur inégalée depuis des décennies.
Paul Martial
30 novembre 2008
Manif Congo
Une petite vidéo de la manifestation initiée par la communauté congolaise qui a eu lieu samedi 29 Novembre. Les mots d'ordre dénonçaient principalement le gouvernement, les responsables des exactions, sans bien-sûr oublier l'Onu, l'état français, et belge.
11 novembre 2008
Appel à Manifester contre la visite officielle en France du dictateur burkinabé Blaise Compaoré: Lundi 17 novembre, 18 H, Parvis des Droits de l'Homme
Arrêtons le soutien aux dictateurs !
Soutenons les peuples africains !
Rassemblement à Paris Lundi 17 novembre à 18 H
Parvis des Droits de l'Homme au Trocadéro
A la tête de l'État Burkinabé depuis plus de vingt ans, à la suite d'une usurpation sanglante du pouvoir qui s'est soldé par l'assassinat du Président Thomas Sankara, le capitaine Blaise Compaoré est annoncé en France où il sera reçu le 18 Novembre à l'Élysée par Nicolas Sarkozy.
Le chef de l'État français s'apprête ainsi, une fois encore, à renier la promesse faite au soir de son élection en mai 2007, d'être un intrépide défenseur de la cause des droits de l'homme et de la démocratie dans le monde, et en particulier en Afrique. En effet, son invité du 18 novembre prochain a bâti son pouvoir et une fortune colossale, qui se chiffre en milliards, à travers une
longue série de crimes économiques et de sang, dont la plupart sont consignés dans des rapports de l'ONU et restés à ce jour impunis :
• A la suite du crime fondateur de son régime du 15 octobre 1987, de dizaines d'assassinats d'opposants, d'anciens collaborateurs civils et militaires, d'étudiants et de journalistes jalonnent son règne.
• Déclaré « bon élève » par le FMI et la Banque mondiale, le régime de Blaise Compaoré a en réalité conduit le Burkina Faso en l'espace de ses deux décennies de gestion dans une grave situation sociale et politique inédite : licenciements sauvages suite aux privatisations d'entreprises publiques au profit des copains du régime, développement à une grande échelle de la corruption, du banditisme dans les villes et les campagnes, famines et pandémies chroniques, fraudes massives du camp présidentiel lors des consultations électorales, etc.
• Faisant fi de ce bilan désastreux, le Secrétaire d'Etat Alain Joyandet a déclaré le 24 octobre dernier à Ouagadougou à l'issue d'une audience avec le président Burkinabé que les « relations sont au beau fixe » entre la France et le Burkina Faso.
C'est pourquoi nos organisations :
• dénoncent la caution politique qu'apporte Nicolas Sarkozy au régime de Blaise Compaoré qui doit aujourd'hui répondre devant le Tribunal Pénal International, aux côtés de l'ancien seigneur de guerre libérien Charles Taylor, de ses nombreux crimes économiques et de sang,
• soutiennent le combat des démocrates burkinabé qui exigent la vérité et la justice pour Thomas Sankara (président du Burkina Faso assassiné en 1987), Norbert Zongo (journaliste
assassiné en 1998), Dabo Boukari (membre de l’Association nationale des étudiants burkinabé – ANEB – torturé à mort en 1990) et toutes les autres victimes du régime Compaoré,
• appellent leurs militants et tous les amis du peuple burkinabé à dénoncer l'accueil réservé par la France à Monsieur Blaise Compaoré, et à venir participer au rassemblement.
Appel à Manifestation contre la visite officielle en France du dictateur burkinabé Blaise Compaoré
NON À LA CAUTION POLITIQUE DU REGIME DICTATORIAL
DE BLAISE COMPAORE PAR L'ETAT FRANCAIS !
Premières organisations signataires : Survie, Collectif de France Affaire Norbert Zongo (COFANZO), Section France du Mouvement Burkinabé
des Droits de l'Homme et des Peuples...
8 octobre 2008
DE L’ASSASSINAT DE RUBEN AU GENOCIDE DU RWANDA
Le 13 septembre 1958, un commando d’élite de l’armée française exécute Rubèn Um Nyobè, dirigeant de l’UPC (l’Union des Peuples du Cameroun). Cette armée française va continuer ses basses besognes dans ce pays, jusqu’à la fin des années 60, et va mettre en pratique ce qu’elle avait expérimenté en Algérie. Sous le vocable de « guerre révolutionnaire », les déplacements et quadrillages de la population, les regroupements de civils en groupes « d’auto-défense » armés, les tortures et les violences de masse vont se généraliser. L’intervention de la France, au côté du gouvernement camerounais qu’elle a mis en place, provoquera, d’après les historiens, entre 300 000 et 400 000 morts ; chiffre crédible quand on sait que l’armée a utilisé le napalm pour pacifier les zones tenues par les maquisards.Plus de trente ans après la France se retrouve impliquée dans le génocide rwandais où, en quelques semaines, au moins 800 000 Tutsis et les opposants Hutus vont périr. Les témoignages et les archives recueillis par la commission, mise en place au Rwanda, et rendus public en août de cette année sont accablants tant pour la droite que pour la gauche gouvernementale. (Voir l’article dans ce numéro : « Un rapport accablant documente les complicités françaises »). Le refus atavique du pouvoir français de reconnaître des crimes contre l’humanité vis-à-vis de ses anciennes colonies, souligne que la classe politique française n’a jamais rompu avec l’idéologie coloniale. Ceci est particulièrement révélé par le fait qu’une majorité de parlementaires reconnaissent un rôle, soi-disant bénéfique, à la colonisation. Ce qui souligne aussi que cette politique n’a jamais été abandonnée.
Ainsi, en déroulant la pelote de la mémoire de son histoire coloniale la France abouti à sa politique actuelle en Afrique ; ce que d’une certaine manière révèle le lamentable discours de Sarkozy à Dakar. Autrement dit, condamner ce qui a été fait dans le passé, reviendrait à condamner ce qui se fait dans le présent. En effet, comment pourrait-on condamner l’intervention au Cameroun des années 60 sans condamner également l’intervention de la France au Rwanda en 1994. Ou encore l’exécution de Patrice Lumumba par Mobutu au Congo en 1961 sans condamner l’exécution d’Ibni Oumar Mahamat Saleh (porte-parole de la Coordination des partis pour la défense de la démocratie-CPDC) par Idriss Deby Itno au Tchad en février 2008 ?
Dans un pays où les interventions militaires de moins de trois mois à l’étranger sont à la discrétion du seul président de la République, où les principaux partis gouvernementaux sont d’accord pour maintenir et étendre le rayonnement de la France en Afrique à n’importe quel prix et pour le plus le grand profit des entreprises françaises, dans ce pays où l’amnésie sur les crimes est une pratique consensuelle, le rôle des militants internationalistes prend une importance accrue pour intégrer, dans les luttes quotidiennes, notre solidarité avec les peuples d’Afrique.
Paul Martial
UN RAPPORT ACCABLANT DOCUMENTE LES COMPLICITES FRANÇAISES AU RWANDA

Les réactions outragées des responsables politiques et militaires français n’y feront rien : les faits relatés dans le rapport de la Commission nationale indépendante rwandaise, publié en août dernier, sont d’une telle gravité et étayés par une telle quantité de témoignages qu’ils sont accablants. La Commission, « chargée de rassembler des éléments démontrant l’implication de l’Etat français dans la préparation et l’exécution du génocide », reprend les travaux– non-contestés –de la commission d’enquête indépendante des Nations Unies, de la mission d’information des députés français, et les nombreux témoignages publiés depuis 1994. Mais à ces éléments connus viennent s’ajouter des documents inédits provenant notamment de l’ambassade du Rwanda à Paris, des archives des ministères rwandais, ainsi que 698 témoignages nominatifs (66 ont été retenues pour êtres auditionnés publiquement, 13 ont été entendues à huis clos). Surtout ceux d’anciens militaires des FAR de l’ancien régime, qui ont abandonné la guérilla qu’ils menaient après le génocide et ont rejoint le Rwanda en s’intégrant souvent à son armée actuelle. Ces hommes témoignent de l’implication active des militaires français dans leur formation et leurs combats, avant, pendant et après le génocide. Ce ne sont pas des témoignages isolés, ils sont nombreux, se recoupent et établissent un ensemble de pratiques.
- Une coopération militaire française qui débouche sur une contribution directe à la conduite de la guerre menée contre le Front patriotique rwandais dès 1990 : appui en renseignements militaires, conseils stratégiques, participation directe aux combats, livraisons d’armes.
- Une large participation des militaires français à la formation des miliciens Interhahamwe, leur apprenant le maniement des fusils mais surtout, relève l’un des témoins, leur enseignant « comment tuer un grand nombre de gens en peu de temps sans utiliser d’armes, avec une cordelette, un couteau, une baïonnette. » Cette initiation à l’assassinat s’intensifiera jusqu’en 1994, y compris la participation directe de militaires français aux barrages et arrestations de « suspects » sur la base du contrôle des cartes d’identités qui portaient la mention « Tutsi », ainsi qu’aux interrogatoires et sévices infligés à ce dénommé « ennemi de l’intérieur ».
- L’informatisation du fichier central de la population, réalisé par la coopération des gendarmes français, pour le compte de leurs collègues rwandais du CRCD (Centre de Recherche Criminelle et de Documentation) dont le général Varret, ancien directeur de la coopération militaire, a lui-même reconnu qu’il avait vraisemblablement servi à ficher les Tutsi.
- Les accusations portant sur l’Opération Turquoise sont particulièrement troublantes, notamment les nombreux témoignages répétés en des endroits différents, jusqu’à présent inédits, de Tutsis et de « fauteurs de troubles » jetés dans des sacs, embarqués dans des hélicoptères et largués au-dessus de la forêt de Nyungwe et des villages environnants. Cela rappelle de tristes souvenirs, ce qu’ils appelaient les « crevettes Bigeard » pendant la guerre d’Algérie, cette pratique enseignée aux militaires argentins formés pendant la bataille d’Alger qu’ils utiliseront au large de Buenos-Aires.
La commission démontre que l’aboutissement de cette formation des miliciens et de l’armée rwandaise ne pouvait être que l’exécution de crimes de masse, et que les responsables français, civils et militaires, en avaient forcément connaissance. Elle dresse un tableau impitoyable de l’enchaînement des responsabilités au sein de l’appareil d’Etat français. Elle pointe, dans ses annexes, les responsabilités nominales des militaires et politiques français impliqués, ouvrant à la possibilité de poursuites judiciaires. Le silence et le déni ne pourront durer longtemps encore. L’étau se resserre.
L’association Survie, qui, avec la Commission d’Enquête Citoyenne, a abouti à des conclusions proches de celles des Rwandais, réclame la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Une commission d’enquête qui aurait accès au Secret-défense devrait aller plus loin que la mission d’information dirigée par Paul Quilès en 1998 qui n’était pas allée au bout des pistes entr’ouvertes et en avait ignoré bien d’autres. Ce n’est pas contradictoire avec une enquête internationale, mais c’est indispensable pour contraindre les responsables politiques français à prendre leurs responsabilités. Il faut impérativement lire ce rapport (sur le site : http://cec.rwanda.free.fr/). Il faut aussi lire ou relire le livre de Gabriel Péries et de David Servenay, « Une guerre noire », qui donne une des clés essentielles pour comprendre comment l’armée française en est arrivée là, trimbalant avec elle ses rêves d’empire perdu et ses théories de « guerre contre-révolutionnaire », déjà expérimentées en Algérie ou au Cameroun dans les années 60.
Alain Mathieu
13 août 2008
Une région pillée, un peuple menacé
Communiqué de presse du collectif "Areva ne fera pas la loi au Niger": http://areva.niger.free.fr/docs/communique.pdf.
Une exposition mobile présentant les différents volets de la campagne unitaire tournera fin août dans plusieurs université d'été (CNT, les Verts, Attac, LCR).
Pour plus d'infos: http://areva.niger.free.fr/.
1 juin 2008
Motion de soutien aux travailleurs sans-papiers et aux syndicats
Hommage aux défenseurs des droits socio-professionnels, aux syndicats (CGT, CFDT, FSU, Solidaires...) Par l’Association des Maliens Expulsés (AME, site : expulsesmaliens.org), Bamako, 01/05/08.

1er Mai ; jour de souvenir, jour d’actions, jour de revendications. Un jour pour parler de travailleurs immigrés et de l’engagement de travailleurs nationaux à leurs cotés dans la lutte ouvrière et sociale. Nous sommes à cette date mémorable du 1er Mai : fête du travail avec des sans papiers travailleurs. Oui ; fête des travailleurs mais dans la souvenance historique et l’éclairage du présent. Oui dans ce souvenir des engagements et actions entrepris par ces vaillants travailleurs de Chicago dont la détermination et la noblesse à donner lieu au fléchissement du puissant patronat des usines et autres entrepôts. (…). « Revendiquer quelque chose et être déterminé pour obtenir mieux ». Cette capacité (ce droit) de se réunir et/ou de s’unir à d’autres afin de peser dans la balance des négociations des droits socio professionnelles face au patronat. (…)
Nous tous travailleurs, immigrés ou nationaux avons a cœur de gagner le pari de l’épanouissement. Nous travaillons ensemble donc nous luttons ensemble. Nous sommes des voix donc nous avons du poids.
Au delà du syndicalisme c’est la volonté des uns et des autres de dire non et d’agir pour changer le « désordre des choses » institué par les politiques, volonté instaurée par « la force des choses »
L’AME (association malienne des expulsés) et son collectif de soutien félicite et encourage les camarades Jean Claude AMARA (Dd!!), Raymond Chauveau (CGT) et Tous ces milliers de bonnes volontés engagés au soutien et à la défense des travailleurs en situation de précarité particulière. (…) La volonté des grévistes de tenir le coup n’a d’égale que la détermination et l’engagement des collègues et accompagnateurs syndicaux et sociaux; mais plus largement encore l’implication nouvelle des « bons » patrons et autres responsables locaux dans la gestion et la recherche de solutions à ce problème socio-économique.
Qui aura intérêt à faire perdurer de telles situations? Quelles sont les mesures à prendre pour harmoniser les droits (…) des travailleurs migrants afin qu’ils bénéficient des mêmes allocations que leurs collègues nationaux sachant qu’ils ont les mêmes temps de travail ? Quelles sont les dispositions à prendre pour les expulsés (…) sachant que parmi ceux-là se trouvent des travailleurs qui ont cotisé pour plus de 4 à 10 ans à la (…) sécurité sociale française, ont payé des impôts régulièrement ? Quelles perspectives pour ceux-là expulsés qui ont laissé femme et enfant(s) pour plus de 02 ans dans le pays d’accueil. Les conséquences de ces brisures de vies, (…) pèsent lourdement. Sur le devenir individuel, familial, communautaire en un mot sur la participation même et la capitalisation du travailleur immigré dans le pays d’accueil comme dans le pays (de retour) d’origine. La seule signature par la France de la Convention Internationale sur le Droit des Travailleurs Migrants et de leurs Famille nous épargnera des morts tragiques, des retours musclés, des scènes horribles des centres de rétention sans compter les courses poursuites dans les rues. L’AME a officiellement demandé aux autorités Maliennes et Françaises d’introduire l’externalité des droits sociaux des travailleurs migrants dans les termes de discussions en Commission Mixte Franco-Malienne dont la prochaine tenue est prévue dans 02 mois à Bamako. Non à l’expulsion ; Oui à la régularisation des travailleurs sans papiers. Pour le bon droit et la bonne justice égale pour tous.
Nous tous travailleurs, immigrés ou nationaux avons a cœur de gagner le pari de l’épanouissement. Nous travaillons ensemble donc nous luttons ensemble. Nous sommes des voix donc nous avons du poids.
Au delà du syndicalisme c’est la volonté des uns et des autres de dire non et d’agir pour changer le « désordre des choses » institué par les politiques, volonté instaurée par « la force des choses »
L’AME (association malienne des expulsés) et son collectif de soutien félicite et encourage les camarades Jean Claude AMARA (Dd!!), Raymond Chauveau (CGT) et Tous ces milliers de bonnes volontés engagés au soutien et à la défense des travailleurs en situation de précarité particulière. (…) La volonté des grévistes de tenir le coup n’a d’égale que la détermination et l’engagement des collègues et accompagnateurs syndicaux et sociaux; mais plus largement encore l’implication nouvelle des « bons » patrons et autres responsables locaux dans la gestion et la recherche de solutions à ce problème socio-économique.
Qui aura intérêt à faire perdurer de telles situations? Quelles sont les mesures à prendre pour harmoniser les droits (…) des travailleurs migrants afin qu’ils bénéficient des mêmes allocations que leurs collègues nationaux sachant qu’ils ont les mêmes temps de travail ? Quelles sont les dispositions à prendre pour les expulsés (…) sachant que parmi ceux-là se trouvent des travailleurs qui ont cotisé pour plus de 4 à 10 ans à la (…) sécurité sociale française, ont payé des impôts régulièrement ? Quelles perspectives pour ceux-là expulsés qui ont laissé femme et enfant(s) pour plus de 02 ans dans le pays d’accueil. Les conséquences de ces brisures de vies, (…) pèsent lourdement. Sur le devenir individuel, familial, communautaire en un mot sur la participation même et la capitalisation du travailleur immigré dans le pays d’accueil comme dans le pays (de retour) d’origine. La seule signature par la France de la Convention Internationale sur le Droit des Travailleurs Migrants et de leurs Famille nous épargnera des morts tragiques, des retours musclés, des scènes horribles des centres de rétention sans compter les courses poursuites dans les rues. L’AME a officiellement demandé aux autorités Maliennes et Françaises d’introduire l’externalité des droits sociaux des travailleurs migrants dans les termes de discussions en Commission Mixte Franco-Malienne dont la prochaine tenue est prévue dans 02 mois à Bamako. Non à l’expulsion ; Oui à la régularisation des travailleurs sans papiers. Pour le bon droit et la bonne justice égale pour tous.
Ousmane DIARRA, président de l’AME
Contre Sarkozy et Ben Ali, solidarité Gafsa !

« Moi la tête, vous les jambes. Vous d’accord ? ». C’est ainsi que s’exprime le président Sarkozy dans une caricature publiée sur le blog du Tunisien About Malek Khadroaoui. Elle fait allusion aux propos suivants, tenus par Nicolas Sarkozy en Tunisie fin avril 2008: « Vous avez une main-d’œuvre qui ne demande qu’à être formée. (…) Nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation. » (Sic) Sans même essayer de prendre des gants et de s’adresser à son public tunisien « sur un pied d’égalité » – ne serait ce que pour la forme – Sarkozy avait prononcé un discours une fois de plus rédigé par son tristement célèbre conseiller Henri Guiano. Le même qui avait déjà rédigé le discours de Dakar.
L’ « Union pour la Méditer-ranée » (UPM), grand projet sarkozyen s’il en est, verra officiellement le jour à Paris le 13 juillet 2008. Le régime tunisien est appelé à jouer un rôle de pilier au sein de la nouvelle « Union ». C’est à Tunis qui sera basé le siège des institutions de la future UPM. Sarkozy n’était pas seulement arrivé à Tunis pour renforcer le régime dans son rôle de pivot de la future « Union », mais aussi pour rafler quelques gros contrats « dès sa descente d’avion », comme l’a résumé Libération dans un article sur le premier jour de sa visite. Depuis janvier 2008 est en vigueur un accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Tunisie, garantissant la libre circulation des biens industriels. Alors que des pans entiers de l’économie locale sont menacés de ruine, n’étant pas « compétitifs » vis-à-vis des produits venant du Nord, la Tunisie attire en même temps des investissements dans des secteurs « de niche ». Des centres d’appel, où des jeunes (souvent bardé/e/s de diplômes) sont employés à des salaires ridicules pour effectuer une activité monotone et stressante, ou certains fournisseurs de l’industrie automobile s’établissent en Tunisie mais sont tournés vers le marché européen. S’y ajoute le tourisme, dont l’économie du pays reste largement tributaire.
Pour les régions plus « périphériques » du pays, systématiquement négligées par le pouvoir central, il n’y a même pas ces miettes. C’est ce que rappelle, depuis des longs mois, la révolte des populations du bassin minier de Gafsa (au sud-ouest de la Tunisie). Alors que le chômage dans cette région, dont la seule richesse réside dans les mines de phosphate – mais alors que ces dernières n’embauchent quasiment plus, du fait de leur mécanisation -, est endémique et dépasse les 30 %, le népotisme et la corruption dans l’attribution des rares emplois avaient mis le feu au poudre. Conduit par des jeunes chômeurs (dont de nombreux diplômés du supérieur), par les familles des mineurs et des syndicalistes opposants à la ligne officielle de la confédération syndicale UGTT, le mouvement de protestation a fait boule de neige. Il dure depuis début janvier et fait face à une répression de plus en plus sauvage. Début juin, on compte déjà au moins deux morts, un jeune chômeur électrocuté lors d’une occupation (le groupe électrogène occupé par des protestataires ayant été remis sous tension) et un autre tué par les balles de la police. Le mouvement international de solidarité se doit d’être à la hauteur des enjeux. Bertold de Yon
Inscription à :
Articles (Atom)