21 juillet 2009
Elections présidentielles du 12 juillet 2009 au Congo-Brazzaville : Réélection encore contestée de Denis Sassou Ngesso
Le collectif « Elections Afrique » dans lequel le groupe de travail Afrique du NPA participe dénonçait dès le mois de mai 2009 la mascarade électorale en marche, insistant sur le fait que les conditions pour la tenue d’une élection transparente n’étaient pas réunies : « .[…] Dans l’environnement institutionnel actuel, quel que soit le candidat de l’opposition en face de lui, quelle que soit la situation qui prévaudra au moment de l’élection, Denis Sassou Nguesso, candidat encore non-officiel à sa propre succession, devrait largement sortir vainqueur. »
Le Congo est un cas d’école de la Françafrique . Riche en pétrole, diamants, or, bois, potasse, ce pays de seulement 3.894.000 hab. pour une superficie de 342.000 km² devrait être en mesure d’offrir à toute la population congolaise des conditions de vie parmi les meilleures du continent africain. Or loin de là, l’espérance de vie au Congo est seulement de 53,7 ans et l’IDH ( Indice de Développement humain) est de 0, 619 ( le Congo est classé 130ème /179 pays). De plus, 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté tandis que la dette extérieure atteint 6,1 milliards de dollars en 2009. Pourtant la richesse personnelle de Denis Sassou Ngesso est estimée à plus de 700 millions de dollars . Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat militaire en 1979, DSN perd les seules élections démocratiques organisées en 1992, arrivant seulement 3ème avec 17% des voix. Le nouveau président du Congo Pascal Lissouba de l’UPADS (Union Panafricaine pour la Démocratie sociale), décide d’augmenter de 17% à 33% la part du Congo dans la répartition des recettes pétrolières. Denis Sassou Ngesso est alors appelé à la rescousse en 1997 par les réseaux françafricains et revient au pouvoir grâce à une guerre civile qu’il déclenche lui-même, soutenu par des mercenaires de plusieurs pays ( Tchad, Angola, France…) et par Elf.
Le soutien indéfectible de la France aux dictateurs africains de tout bord (Omar Bongo au Gabon , Idriss Déby au Tchad, Paul Biya au Cameroun, Denis Sassou Ngesso au Congo) n’a pas changé d’un iota avec l’arrivée de Sarkozy. Ces défenseurs des intérêts de la France en Afrique sont même plutôt bichonnés par le nouveau président français qui n’hésite pas à rendre une visite officielle à certains d’entre eux . Jean-Marie Bockel déclarait vouloir « signer l’acte de décès de la Françafrique » mais le choix du président Sarkozy de l’enlever du secrétariat d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie après une intervention de Bongo , la sortie récente du placard de certains personnages de la Françafrique notamment Robert Bourgi - le nouveau « Monsieur Afrique » et héritier déclaré de Focart- nous en disent long sur l’avenir de la Françafrique.
La France doit clarifier son rôle en Afrique et refuser tout soutien aux dictateurs. Le NPA ( Nouveau Parti Anticapitaliste) est du côté des peuples d’Afrique qui ont droit aux élections libres et transparentes et qui doivent profiter en premier des ressources dont regorge le sous-sol africain.
Groupe de Travail Afrique du NPA
1 juin 2008
L'Afrique répond à Sarkozy

C’est ce que dénonce cet ouvrage. Vingt-trois prestigieux intellectuels, africains, français ou afro-caribéen, oeuvrant dans tous les domaines, apportent à travers leurs contributions une réponse cinglante à l’insulte de Dakar. Ils apportent d’utiles rappels historiques face au révisionnisme de l’Etat français qui s’entête à réécrire sans pudeur l’histoire de l’Afrique, de la traite négrière à la colonisation. Mais au delà de la simple réponse à Nicolas Sarkozy, ce livre constitue une interpellation aux défis que l’Afrique doit affronter aujourd’hui et demain et l’appelle à trouver en-elle même les ressources nécessaires pour les surmonter. C’est également un ouvrage utile à tous ceux qui, s’interrogeant sur les rapports Nord-Sud et qui voudraient les reconstruire pour un véritable partenariat, peuvent y trouver des éléments de réponse à leurs interrogations.
1 mai 2008
L’Union méditerranéenne à marche forcée
Rouge n° 2250, 01/05/2008
Flanqué de Laurence Parisot, à la tête d’une délégation du Medef pour les affaires sonnantes et trébuchantes, accompagné de Rama Yade, pour le vernis humanitaire, Nicolas Sarkozy a effectué une visite d’État de trois jours en Tunisie. Premier partenaire économique de la Tunisie, la France veut réaffirmer son rôle et passer des contrats (Alstom, Airbus), ainsi que des accords de coopération nucléaire. Devrait être également mise sur pied la première convention de « gestion concertée de l’immigration ». Mais, au-delà des affaires, Nicolas Sarkozy compte sur Ben Ali pour l’aider à remettre sur les rails son projet d’Union méditerranéenne, un temps boudé par l’Allemagne et qui suscite les réticences d’Alger ou Tripoli. Le sommet devant se tenir en présence des chefs d’État concernés en juillet prochain à Paris, le délai était serré. Sarkozy a eu à cœur de réitérer son estime au dictateur tunisien et Rama Yade s’est « bien tenue ». « J’ai pleinement confiance en votre volonté de continuer à élargir l’espace des libertés », a déclaré Sarkozy. Pas question de faire des vagues avec la présidence à vie (Ben Ali, président depuis vingt ans, se présentera, encore une fois seul, en 2009), la torture comme moyen de gouverner, les 1 300 prisonniers politiques, les libertés confisquées, la fuite de la jeunesse vers l’eldorado européen et, depuis quelques années, vers l’Algérie !
12 mars 2008
En finir avec la Françafrique ou relooker l'impérialisme français?
Deuxième prise. Après le discours « historique » de Dakar, qui n’avait pas produit l’effet escompté, le président de « la rupture » a tenté de corriger le tir à l’occasion de sa visite en Afrique du Sud le 28 février dernier. Sarkozy y a parlé « du fond de [s]on cœur », pour expliquer que l’ « engagement politique, militaire ou économique aux côtés de l’Afrique est perçu par beaucoup non comme une aide sincère mais comme une ingérence néocoloniale » et qu’il fallait par conséquent « une autre posture ». Simple question d’image, donc. « Il n’est plus concevable, par exemple, que l’armée française soit entraînée dans des conflits internes ». Presque amusant de la part de celui qui, la veille encore de ce discours, était au Tchad afin de féliciter l’armée française pour son opération de sauvetage du régime criminel d’Idriss Déby.
Sarkozy a réaffirmé que la coopération militaire française n’avait désormais pour vocation que d’aider des forces africaines de maintien de la paix à se développer (dispositif RECAMP), ajoutant même que la France n’avait « pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique ». En revanche, on cherchera en vain un quelconque calendrier de fermeture des bases militaires françaises. Et pour cause : seul un réaménagement est au programme. Il ne s’agit nullement de renoncer à des interventions militaires sur le continent mais de trouver le meilleur équilibre entre forces de projection et forces pré-positionnées, d’un point de vue budgétaire, mais aussi politique. Dans le même esprit, cela fait maintenant plusieurs années que la France cherche à impliquer les pays Européens sous couvert d’actions multilatérales (l’Eufor étant la dernière en date), si possible cautionnées par l’ONU.
Sarkozy a également annoncé vouloir renégocier « tous les accords de défense », lesquels seront « intégralement publiés. » Ceux-ci comprennent en effet depuis les indépendances des clauses secrètes (secret de polichinelle aujourd’hui) notamment en matière de maintien de l’ordre dans les ex-colonies et de clauses économiques préférentielles au profit de l’ex-métropole. Assurance tout risque pour dictateur en échange d’un droit illimité de pillage, en quelque sorte. L’abrogation de ces clauses serait assurément une excellente nouvelle, mais il faut néanmoins relativiser leur importance : la France ne s’est pas privée d’intervenir dans des pays avec lesquels elle n’avait pas le moindre accord de défense. Par ailleurs, si la transparence ne s’applique qu’aux accords de défense (officiellement au nombre de 7 avec des pays africains), qu’en sera-t-il des nombreux autres accords existants sous des formes variées, et très souvent classés « secret défense » ?
Sarkozy a enfin affirmé vouloir « associer étroitement le Parlement français aux grandes orientations de la politique de la France en Afrique. » Droit de contrôle ou droit d’information ? La commission Balladur sur la réforme des institutions n’a préconisé qu’un droit d’information, et uniquement pour les interventions de plus de trois mois ! Les parlementaires resteront de toute façon dans l’ignorance des interventions secrètes et clandestines, menées par les forces spéciales ou le service Action de la DGSE, qui sont les véritables instruments du pouvoir monarchique de l’Elysée.
Robin Guébois
27 juin 2007
N. Sarkozy ou le triomphe d’une histoire apologétique de la colonisation
« Le rêve européen a besoin du rêve méditerranée. Il s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation. » Après cette énumération supposée rendre compte d’une glorieuse tradition incarnée par la France depuis des siècles et inlassablement défendue par tous ceux qui furent soucieux de défendre son rayonnement, le même ajoute : « Faire une politique de civilisation comme le voulaient les philosophes des Lumières, comme essayaient de le faire les Républicains du temps de Jules Ferry. Faire une politique de civilisation pour répondre à la crise d’identité, à la crise morale, au désarroi face à la mondialisation. Faire une politique de civilisation, voilà à quoi nous incite la Méditerranée où tout fût toujours grand, les passions aussi bien que les crimes, où ne rien fut jamais médiocre, où même les Républiques marchandes brillèrent dans le ciel de l’art et de la pensée, où le génie humain s’éleva si haut qu’il est impossible de se résigner à croire que la source en est définitivement tarie. La source n’est pas tarie. Il suffit d’unir nos forces et tout recommencera. » Quel est auteur de ces lignes qui se veulent inspirées alors qu’elles ne font que reprendre la plus commune des vulgates destinée à légitimer les « aventures » coloniales de la France ? Un ministre des Colonies de la Troisième République ? Un membre de la défunte Académie des « sciences coloniales » ? Un nostalgique de l’Algérie française qui les aurait rédigées pour prononcer un discours destiné à célébrer cette période réputée faste où la France commandait à 70 millions « d’indigènes » répartis sur 13 millions de kilomètres carrés ? Non, l’auteur de cette prose, aussi mythologique qu’apologétique de la colonisation, n’est autre que Nicolas Sarkozy qui a prononcé ces fortes paroles en tant que ministre-candidat lors d’un meeting à Toulon le 7 février 2007.
Singulièrement passée sous silence par la plupart des médias et des autres dirigeant(e)s politiques engagés dans les élections présidentielles, cette intervention confirme que la réhabilitation du passé colonial de la France n’est pas une embardée conjoncturelle de l’actuelle majorité et de son principal représentant. Au contraire, cette réhabilitation, sans précédent depuis la fin de la guerre d’Algérie, s’inscrit dans un projet politique cohérent, systématique et crânement assumé par le candidat de l’UMP désormais chef de l’Etat français. Pour des motifs partisans, et pour défendre ce que ce dernier croit être l’honneur de la France et de ses citoyens, il se fait donc porte-parole d’une histoire officielle, mensongère et révisionniste des causes qui ont conduit à la construction de l’empire français, érigé par de nombreuses guerres de conquête, puis dirigé par des institutions coloniales racistes et discriminatoires. En témoigne, notamment, le statut des « indigènes », considérés alors non comme des citoyens libres et égaux mais comme des « sujets français » privés des droits et libertés démocratiques élémentaires et soumis, qui plus est, à des dispositions répressives – le Code de l’indigénat, entre autres, – qui ne pesaient que sur eux. Sous le prétexte fallacieux de lutter contre on ne sait quelle « pensée unique » et désir de « repentance », lesquels n’existent que dans l’esprit de Sarkozy et de ceux qui ont forgé ces pseudo-concepts grossiers, sur le plan intellectuel s’entend, pour mieux faire croire à leur propre courage et originalité, on assiste donc à une instrumentalisation spectaculaire du passé colonial de la France. Manipuler cette histoire par la surexposition de certains de ses aspects « positifs » supposés – la colonisation au nom de la civilisation par exemple -, par l’euphémisation ou la sous-estimation des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis au cours de cette longue période de l’empire colonial, et par l’occultation enfin de l’oppression et de l’exploitation imposées à ceux qu’on appelait alors avec mépris « les indigènes », tels sont les ressorts principaux de cette opération. Moderne et audacieux Sarkozy ? De tels discours nous ramènent au plus convenu de la doxa officielle forgée sous la Troisième République. Quel est l’adjectif qualificatif adéquat à cette opération qui repose sur un mépris souverain de l’histoire et des innombrables victimes des guerres et des répressions coloniales ? Réactionnaire, assurément.
Jamais depuis des décennies, un candidat soutenu par le plus important parti de la droite parlementaire ne s’était engagé dans cette voie. Stupéfiante involution. Elle témoigne d’une radicalisation significative des discours élaborés sur ces questions par l’UMP et son représentant en même temps qu’elle légitime et banalise des thèmes qui n’étaient jusque-là défendus que par l’extrême-droite et quelques associations de nostalgiques de la période coloniale. Pour les amateurs d’exception française, en voilà une remarquable mais sinistre car la France est le seul Etat démocratique et la seule ancienne puissance impériale européenne où l’un des principaux candidats à l’élection présidentielle ose tenir de pareils propos. A quoi s’ajoute le fait que ce pays est également le seul où une loi – celle du 23 février 2005 –, toujours en vigueur en dépit du tour de passe-passe politico-juridique du Président de la République, sanctionne une interprétation officielle de ce passé colonial. « La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. » Telle est, en effet, la première phrase de l’Article 1 de ce texte voté par l’UMP et l’UDF au terme de débats où Rudy Salles, le très officiel porte-parole de cette dernière formation politique à l’Assemblée nationale, a joué un rôle particulièrement actif. Qu’en pense François Bayrou lui qui prétend dépasser le clivage gauche/droite et incarner une autre façon de faire de la politique ? Il n’est pas besoin d’être un brillant philologue pour comprendre que le terme œuvre, employé dans ce contexte, emporte une appréciation évidemment positive de la période considérée. Face à cette offensive politique, engagée depuis longtemps par les diverses composantes de la droite parlementaire, notamment, et son principal représentant que comptent faire les dirigeants de la gauche parlementaire et radicale ? Ils doivent le faire savoir au plus vite.
Olivier Le Cour Grandmaison. Enseignant à l’Université d’Evry-Val-d’Essonne. Auteur de « Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’Etat colonial », Fayard, 2005.
Dis moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es
Avant les élections présidentielles Sarkozy nous expliquait que dorénavant entre la France et l’Afrique :
«Il nous faut les débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandats que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés, notamment avec nos partenaires africains et arabes.» .
Et les commentateurs de la vie politique d’y voir une rupture avec les pratiques néocolonialistes de la France.
Mais évidemment entre ce que Sarkozy dit et ce qu’il fait il y a une sacré distance, que Nil et Congo, réunis ne combleraient
Le 22 mars, Sarkozy se rend dans l’hôtel particulier qu’Omar Bongo, dictateur gabonais, possède dans le 16° arrondissement afin d’y « recueillir ses sentiments d’amitiés ». Que se sont-ils dit ? Mystère, pour « tourner la page des complaisances » c’est plutôt raté.
Le soir de l’élection présidentielle Sarkozy lui téléphonera pour le remercier de ses conseils. Le dictateur gabonais n’est pas n’importe qui dans le dispositif néo-colonial qui régit les relations entre la France et le Continent noir ; il en est une pièce essentielle.
Mais pas de jalousie, les amitiés du nouveau président français ne se résument pas à Bongo, puisque lors d’un interview à Jeune Afrique, les présidents malien Amadou Toumani Touré, béninois Boni Yayi, et congolais Denis Sassou N’Guesso qu’il a fréquenté dernièrement à l’hôtel Meurisse et d’autres sont bien appréciés.
Appréciés aussi les dirigeants des entreprises qui pillent l’Afrique. L’épisode de la croisière à Malte, sur le Yacht la Paloma et le transfert par jet privé offerts par Bolloré juste après le second tour des élections, indique bien que Sarkozy n’hésitera pas à renouveler le système néo-colonial que Foccart à l’époque de De Gaulle avait mis en place.
Le groupe Bolloré n’est pas que le tour-opérator de Sarkozy, il est présent dans la quasi totalité des pays africains, contrôle directement ou par le biais des filiales, le transport terrestre (SDV Saga et Transami), possède 115 agences maritimes, est leader sur la manutention portuaire, est présent dans le transport ferroviaire, notamment au Cameroun avec Camrail, et sur la ligne entre la Côte d’Ivoire et le Burina Faso avec Sitarail, est copropriétaire de Carena chantier Naval d’Abidjan, possède des compagnies maritimes comme Delmas, Otal et Linea Setrama qui desservent la quasi totalité des ports Africains. Environ un quart de son chiffre d’affaire est opéré sur le Continent.
On retrouve dans le conseil d’administration de cette société l’ancien ministre de la coopération, ex dirigeant de la DGSE, Michel Roussin.
Se « débarrasser des réseaux d’un autre temps », là encore c’est raté !.
Les succès en affaire du groupe Bolloré sont surtout liés à sa capacité de … manigance : Au Togo, accusation de corruption de magistrat dans une affaire l’opposant avec une société espagnol, ce qui a valu aux dirigeants de goûter quelques heures l’hospitalité pénitentiaire de Lomé.
Au Cameroun à l’issue d’un appel d’offre pour la gestion de l’activité conteneur du port de Douala, c’est le groupe Bolloré qui l’emporte ; seul problème leur proposition est une des moins disante de la dizaine d’entreprises participantes.
En Côte d’Ivoire l’obtention par SETV, filiale de Bolloré, de la gestion du terminal du port d’Abidjan sans un seul appel d’offre suscite de nombreuses suspicions y compris au niveau des bailleurs de fonds.
Idem au Gabon ou l’attribution des activités du port de Libreville au groupe Bolloré a été des plus opaque avec, en parallèle, des virements financiers à l’étranger de certains dirigeants de l’OPRAG (Office des Ports et Rade du Gabon).
Enfin au moment ou le procès de Charles Taylor s’ouvre pour crime contre l’humanité, il serait cruel de rappeler que le groupe Bolloré, en plein massacre au Libéria, n’a pas hésité une seconde à acquérir 150 000 hectares d’hévéas à la Bong Bank de Gbatu Taylor [frère de Charles Taylor] .
Mais comme dirait Sarkozy : Vincent Bolloré est un des grands industriels français (…) il fait honneur à l'économie française". Désormais on sait à quoi s’attendre !
Paul Martial
Le 06/05/2007